Pourquoi je m’éloigne de Facebook pour publier librement sur mon blog

Ce matin, j’ai joué à cache-cache avec un fantôme numérique. Un texte publié, un texte volatilisé. Une image partagée, une image censurée. On se réveille avec le vrombissement bien réel des drones pour découvrir que nos mots, eux aussi, subissent un nettoyage à sec algorithmique. Apparemment, témoigner d’un carnage ou fouiller les charniers de la mémoire est devenu une faute de goût pour les “standards de la communauté”.

Je ne cherche pas à contester ce système; on ne discute pas avec un mur de verre. Je me contente de constater l’indécence de ses limites.

Mon travail – qu’il soit viscéral, visuel ou hybride – n’a jamais eu pour vocation de meubler le vide ou de servir de tapisserie relaxante pour des fils d’actualité. Il répond à une nécessité organique de dire, de montrer, de hurler s’il le faut. Mes recherches explorent des réalités qui ne sont ni “optimisées” pour les clics, ni compatibles avec la tiédeur exigée par les plateformes. Or, lorsqu’un espace impose une chirurgie esthétique à la pensée ou une lobotomie au témoignage, quelque chose d’essentiel s’éteint.

Ce n’est pas un retrait. C’est une évacuation éditoriale.

J’ai choisi de faire de ce blog mon port franc, mon territoire souverain. Un lieu où les textes peuvent exister dans leur intégrité brute, sans craindre la gomme d’un modérateur qui n’a jamais senti l’odeur du ciment pulvérisé. Ici, le rythme n’est pas dicté par des règles opaques qui préfèrent le silence poli au cri nécessaire. Il suffit déjà de subir l’oppression à tous les niveaux dans ce pays, de l’asphyxie économique aux “Ténèbres Éternelles” qui nous tombent sur la gueule; l’accepter aussi dans nos espaces de parole devient une limite que mon système nerveux refuse de franchir.

Facebook et Instagram resteront des relais de fortune, des haut-parleurs occasionnels quand la censure nous laissera une bouffée d’air. Mais le cœur du réacteur, la chair du travail, sera ici.

C’est une manière de recréer un lien direct, hors du flux, loin de la fragmentation mentale que l’on nous impose. C’est aussi, pour moi, un retour aux sources. J’écrivais déjà sur mes blogs bien avant que le monde ne devienne une suite de reels éphémères – notamment durant la guerre de 2006, à une époque où j’étais une des pionnières de la blogosphère libanaise et arabe. Revenir au blog, c’est revenir à la parole qui prend son temps, celle qu’on ne peut pas effacer d’un simple clic sans laisser de traces.

Pour celles et ceux qui refusent l’anesthésie et souhaitent suivre ces publications sans passer par le filtre des algorithmes, vous pouvez vous abonner par email en haut de la page d’accueil (insérez votre courriel et cliquez sur « Subscribe »).

Continuer à écrire, à créer, à dire l’irrécupérable… contre vents, marées et suppressions.

À tout de suite, ici même.

4 responses to “Pourquoi je m’éloigne de Facebook pour publier librement sur mon blog”

  1. clearly8cd5c67d10 Avatar
    clearly8cd5c67d10

    Bonjour Pamela,

    J’en déduis que vous avez subi une censure de facebook… Quel dommage pour nous !

    Belle continuation à vous et surtout plein de courage pour les temps actuels.

    Marianne

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    1. Bonjour Marianne et merci pour votre message. Oui, c’est le cas. Je tenterai quand même de publier sur Facebook lorsque c’est possible de le faire. Vous pouvez suivre ce blog et vous recevrez automatiquement une notification par email lorsqu’un nouveau post est disponible. Et je ferai en sorte qu’il y ait une note là-dessus sur Facebook.

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  2. optimisticreviewb781d9cebe Avatar
    optimisticreviewb781d9cebe

    Bonsoir Pamela
    Désolée mais pas surprise de la censure. Voulez-vous qu’on continue à partager les liens vers votre blog sur Facebook ou préférez-vous d’autres avenues pour attirer l’attention sur vos mots? Parce qu’il faut qu’on continue, nombreux, à vous lire!

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    1. Bonsoir et merci pour votre message et pour votre soutien. Oui, bien sûr, vous pouvez partager les textes là où vous le souhaitez: sur les réseaux, par WhatsApp, en privé ou en public, comme vous le sentez. L’important, c’est que les mots continuent de circuler.
      Merci d’y contribuer.

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