Entrevue avec RFI sur la révolution au Liban

Mon entrevue cet après-midi sur Radio France Internationale (RFI) sur la révolution des femmes au Liban. A partir de la minute 33. Merci à Emmanuelle Bastide pour l’invitation !

“Depuis le 17 octobre, la population libanaise occupe la rue. A l’origine des contestations qui a rassemblé jusqu’à 1,5 millions de personnes, soit 20% de la population du pays, l’annonce d’une taxe sur la messagerie WhatsApp. Le pays a été immobilisé et le premier ministre a annoncé sa démission. Mais le mouvement ne faiblit pas et dénonce désormais les défaillances de l’Etat. Pénuries d’électricité et de gaz, chômage endémique, mariages précoces, dette abyssale, violences conjugales : quelles sont les revendications de la population dans ce pays où l’âge médian est de 29 ans ?

Avec:

Bilal TARABAY, Journaliste pigiste franco libanais à France 24, photojournaliste pour l’agence le pictorium, agence indépendante
Dalia OBEID, libanaise, activiste installée en France qui a beaucoup agi en faveur du mariage civil.
Souraya KARAM, étudiante en relations internationales et histoire à l’Université St Joseph de Beyrouth.
Pamela CHRABIEH, activiste féministe et pour la paix depuis 20 ans, docteur en sciences des religions, habite dans les environs de Beyrouth.
Mira MINKARA, guide touristique à Tripoli, fondatrice de « Mira’s guided tour » qui propose des visites guidées culturelles et historique de la ville”.

Source: Liban: que demande la jeunesse ? 7 milliards de voisins, RFI, 19 novembre 2019

Ala’ Abou Fakhr, martyr de la révolution, martyr national – article dans l’Orient-le-Jour

Lire l’article complet sur le site de L’Orient-le-Jour

Le meurtre du révolutionnaire Ala’ Abou Fakhr devant son épouse et son fils a ravivé dans ma mémoire le décès de mon beau-père Gebran Badine qui fut assassiné en Irak en 2004. Dans un article que j’avais publié en 2007 dans Scriptura (Université de Montréal), je posais à l’époque les questions suivantes : « Qui est Gebran ? (et donc, qui est Ala’ ?). Vaut-il la peine d’être remémoré ? Sa mort, à l’instar de beaucoup d’autres, compte-t-elle sur l’échiquier national ? »

Depuis des décennies, les meurtres et massacres perpétrés au Liban et dans la région de l’Asie de l’Ouest ne sont plus que des événements relégués aux oubliettes, des concours de circonstances, des accidents faisant partie du lot dit normal de la guerre et des révolutions. En ce sens, la mort de Gebran, de Ala’ et de bien d’autres encore ferait partie de l’ordre des choses, du cycle de la vie et de la mort. Elle ferait partie des tragédies enfouies dans les méandres de l’histoire, jugées par des politiciens, des historiens, des institutions médiatiques et des peuples entiers, inaptes à porter le qualificatif de mal absolu, d’horreur extrême, et donc inaptes à être même pointées du doigt. Or toute guerre constitue un génocide, et tout être humain ayant péri de la folie meurtrière vaut la peine d’être remémoré, pour que justement cesse cette folie.

Au Liban, il est habituellement demandé tant aux enfants qu’aux adultes de ne pas revenir sur le passé, de taire les blessures, de se murer dans un mutisme approbateur de la fatalité du destin, privilégiant la survie sociale et politique à la survie psychique et humaine. La société entière est soumise aux chuchotements et à l’autocensure qui font que la moindre pensée subversive est automatiquement réprimée. Cette omerta, ou loi du silence, est renforcée au niveau national par l’auto-amnistie des leaders de la guerre en 1991. En effet, la loi

n° 84 du 26 août 1991 a voulu voiler le passé récent en accordant une amnistie aux criminels pour tous les actes commis avant le 28 mars 1991. Cette loi fut élaborée en fonction de critères politiques et non des droits de l’homme. Les « seigneurs de la guerre » – expression utilisée en politologie libanaise – ont fait en sorte que leurs crimes soient oubliés. Or suffit-il d’affirmer que le passé n’existe plus en droit pour qu’il cesse d’exister dans la réalité et les consciences, pour que victimes et bourreaux se valent ?

L’oubli n’est qu’une illusion, le temps nous rattrape à grandes enjambées et la souffrance nous descend, même si nous tentons de fuir. « Gare au retour du refoulé ! » avait prévenu un célèbre architecte libanais lors d’une conférence en février 2004 intitulée « Le centre-ville, exploit ou fracture ? ». Comment tourner la page sur des milliers de morts, de blessés, de disparus, de déplacés, de prisonniers, d’émigrés forcés, de destructions, d’horreurs? Comment dépasser la peur qui marque sa présence et la dépression qui suit la fin de l’espoir ? Comment envisager ce qui sera sans tenir compte de ce qui a été ?

« Je désire savoir où sont les choses futures et passées, si l’on peut dire qu’elles sont. Si cette connaissance est au-dessus de moi, au moins je suis assuré qu’en quelque lieu qu’elles soient, elles n’y sont ni futures ni passées, mais présentes, puisque si elles y sont futures, elles n’y sont pas encore, et que si elles y sont passées, elles n’y sont plus. »

Aux interrogations de saint Augustin, dans les Confessions (livre XI, chapitre XVII), répondent certaines certitudes : si l’avenir n’est pas encore et si le passé n’est plus, celui-ci n’est pas sans influencer celui-là. En ce sens, un avenir pacifié ne peut être envisageable si la politique de la tabula rasa relevant de la terre brûlée est adoptée. Celui-ci requiert la reconnaissance de la douleur en la muant en souvenir fondateur qui puisse nous en affranchir, notamment en construisant une mémoire individuelle et collective de la guerre. Dans cette perspective, la parole ou la mise en récit de l’événement traumatique occupent une place centrale dans le processus thérapeutique qui constitue la base du processus de « peacebuilding » – construction de la paix. Donner un espace de parole, d’où l’on peut s’exprimer en toute sécurité et liberté, est indispensable pour passer de la simple reviviscence à la représentation, du souvenir au « ressouvenir » – un terme utilisé par Amin Maalouf et qui signifie une réécriture, un déchiffrage, un dévoilement, un travail de critique et d’autocritique (intériorisation), un projet herméneutique, un travail de deuil, un acte refondateur, une transformation – pour qu’on puisse dire les blessures, leur attribuer un sens, les comprendre et vivre avec.

En ce sens, le principe « œil pour œil, dent pour dent », ou la culture de la vendetta, devrait être remplacé par un processus réparateur impliquant toutes les parties, constituant une manière puissante d’aborder non seulement les préjudices matériels et physiques causés par les crimes, mais aussi les préjudices sociaux, psychologiques et relationnels. Cette démarche est centrée sur la victime, et la communauté et le dialogue en sont les éléments centraux. Le but n’est pas la vengeance, mais que la vérité soit connue et qu’une reconnaissance publique soit officiellement sanctionnée. Les auteurs de crimes de guerre et de tout crime ont beau répéter que personne n’entendra les victimes, que personne ne se soucie d’elles, que personne ne le saura jamais… D’où la nécessité de faire face à ce que le journaliste Lawrence Weschler qualifie d’« instant primordial » : « Qui était là ? Qui criait ? Qui se tenait aux côtés de la victime et que faisaient-ils ? Qui encore maintenant oserait écouter ses cris ? Qui souhaite le savoir ? Qui sera tenu responsable ? Et qui leur en demandera des comptes ? »

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1195118/ala-abou-fakhr-martyr-de-la-revolution-martyr-national.html

لا للحرب ولا للنظام… اريد لبنان للجميع

انا جزء مما يسمى “جيل الحرب”. لقد ولدت وترعرعت في حرب السبعينيات والثمانينيات من القرن الماضي. لقد شهدت إراقة دماء ونجوت من القناصة والقنابل. أصبحت ناشطة سلام عندما كنت مراهقة وأقسمت أنني سأكرس حياتي للمساهمة في إنهاء الحرب. لقد ناضلت من أجل ثقافة السلام من خلال التعليم والفن والكتابة والنشاط الاجتماعي في لبنان والخارج، وسأواصل القيام بذلك ، بشكل فردي ومع الآخرين.

ما شهدناه في آخر 9 أيام في لبنان هو ظاهرة فريدة. أكثر من ثلث السكان يتجمعون ضد نظام فاسد يمثل أحد الأسباب الرئيسية للأزمات الاجتماعية والاقتصادية. ظاهرة فريدة من نوعها بسبب لامركزيتها، عفويتها ومصداقيتها. فريدة من نوعها لتعدد الأجيال والهويات الاجتماعية والثقافية. فريدة من نوعها بسبب تضامن خلاق بين وعبر الاختلافات.

من المؤكد أن هناك مجموعات وقوى محلية وإقليمية ودولية تستغل إيمان الناس ورؤاهم وأحلامهم وثوراتهم وانتفاضاتهم في جميع السياقات، بما في ذلك في لبنان، لكن هذا لا يعني أن تطلعات وممارسات الناس المتنوعة نحو لبنان أفضل باطلة، غير مجدية او مأجورة.

لا أريد حرباً أهلية ولا نظام طائفي.
لا أريد فراغًا سياسيًا ، ولا أمراء الحرب والسياسيين الفاسدين.
لا أريد الزواج بين الدين والسياسة ولا التخلص من الناس الذين لديهم إنتماء ديني.
لا أريد تلويث العقول وبيئتنا. و لا أريد الامساواة في الحقوق والفرص.
لا أريد مجتمعًا منقسمًا بين 8 و 14 آذار ، ولا بين مؤيد وضد ثورة.
لا أريد مجتمعًا قائمًا على التفرد ولا على الاقصاء.


أريد أن أعيش في مجتمع متحد في تنوعه.
أريد أن أعيش في سلام وأريد أن يعيش اللبنانيون من جميع الخلفيات والأجيال في سلام مع بعضهم البعض. اريد ان اعيش في لبنان لي، لك، لنا ولكم.

اريد لبنان للجميع.

CAFCAW WORKSHOP Towards an Inclusive Society in Lebanon?

Positive vibes, fruitful dialogue, critical thinking, and a beautiful blend of identities united in their differences around a common goal: building a better inclusive society.

Hotel Monroe, Beirut, September 28, 2019.

Liberté d’expression: ne cédons pas à la violence

La rédaction de L’Orient-Le Jour
“Mashrou ‘Leila case Following the cancellation of the Mashrou’ Leila concert “to avoid bloodshed” and after discussion within the editorial office, it seemed to us that to try to stop a risky gear from the start Beyond this affair, to prove fatal for the values that have always been defended by this newspaper, we had to react otherwise than usual. This reaction takes the form of a call (adopted almost unanimously by the editors) to fully learn the lessons of this case, never to let fear triumph. We then wanted to associate with this call, by artisanal ways and in a very short period of time, members of the civil society sharing our indignation (that the potential signatories who were not joined and that we suppose many want well excuse this gap).”

“Affaire Mashrou’ Leila Suite à l’annulation du concert de Mashrou’ Leila « afin d’éviter une effusion de sang » et après discussion au sein de la rédaction, il nous a semblé que pour tenter d’enrayer d’emblée un engrenage risquant, bien au-delà de cette affaire, de s’avérer fatal pour les valeurs défendues depuis toujours par ce journal, il nous fallait réagir autrement qu’à l’accoutumée. Cette réaction prend la forme d’un appel (adopté à une quasi-unanimité par la rédaction) à tirer pleinement les leçons de cette affaire, pour ne plus jamais laisser la peur triompher. Nous avons alors voulu associer à cet appel, par des voies artisanales et dans un laps de temps très court, des membres de la société civile partageant notre indignation (que les signataires potentiels qui n’ont pas été joints et que nous supposons nombreux veuillent bien excuser cette lacune).”

Les signataires
1. La rédaction de L’Orient-Jour
———————————
2. Michel Eddé (PDG de L’OLJ, ancien président de la Fondation et de la Ligue maronites, ancien ministre)
3. Nayla de Freige (administratrice déléguée de L’OLJ ; présidente du Festival de Baalbeck)
4. Michel Hélou (directeur exécutif de L’OLJ)
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5. Michel-Antoine Abchi (architecte)
6. Shirine Abdallah (activiste)
7. Gaby Abdelnour (investisseur privé)
8. Nada Abdel Samad (journaliste)
9. Nada Abi Akl (journaliste)
10. Élie Abouaoun (consultant)
11. Bassam Accaoui (chimiste)
12. Nidal Achkar (artiste)
13. Etel Adnan (artiste)
14. Adonis (poète)
15. Georges Aftimos (médecin)
16. Misbah Ahdab (gestionnaire)
17. Rasha al-Ameer (chercheuse)
18. Ali el-Amine (journaliste)
19. Asma Andraos (consultante)
20. Chadi Aoun (réalisateur, créateur)
21. Philippe Aractingi (cinéaste)
22. Zeina Arida Bassil (directrice de musée)
23. Nadim Asfar (artiste)
24. Renée Asmar (présidente de la Fondation Cénacle libanais)
25. Wadih el-Asmar (activiste)
26. Roger Assaf (dramaturge)
27. Antoine Atallah (architecte)
28. Sahar al-Attar (rédactrice en chef du Commerce du Levant)
29. Christiane Audi (présidente de la Fondation Audi)
30. Gérard Avedissian (metteur en scène)
31. Akl Awit (journaliste, écrivain)
32. Chawki Azouri (psychanalyste)
33. Ayman Baalbaki (artiste)
34. Dr Mohammad Badaoui (professeur d’université)
35. Joseph Bahout (professeur d’université, chercheur)
36. Hoda Barakat (écrivaine)
37. Saleh Barakat (galeriste)
38. Karim Basbous (architecte)
39. Dr Noha Baz (pédiatre)
40. Patrick Baz (photographe)
41. Nadine Begdache (galeriste)
42. Gérard Bejjani (professeur d’université, écrivain)
43. Hala Bejjani (directrice de Kulluna Irada)
44. Abbas Beydoun (poète)
45. Karim Émile Bitar (professeur à l’USJ)
46. Nada Boulos (galeriste)
47. Naji Boulos (publicitaire, consultant)
48. Lucien Bourjeily (metteur en scène)
49. Jocelyne el-Boustany (écrivaine, chercheuse)
50. Nora Boustani (journaliste)
51. Rafic Boustani (écrivain, démographe)
52. Soha Bsat Boustani (consultante aux Nations unies)
53. Fady Bustros (consultant)
54. Sabine Bustros (activiste)
55. Brigitte Caland (professeure à l’AUB)
56. Rabih el-Chaer (consultant)
57. Sara Chahine Ammar (enseignante)
58. Ali Chahrour (chorégraphe, danseur)
59. Jihad Chamas (activiste)
60. Père Jad Chebli (s.j.)
61. Hanan el-Cheikh (écrivaine)
62. Joanna Chevalier (directrice artistique de Beirut Art Fair)
63. Dr Pamela Chrabieh (professeure d’université)
64. Jean-Claude Codsi (cinéaste)
65. David Corm (éditeur)
66. Joseph Courbage (démographe)
67. Antoine Courban (professeur d’université)
68. Fadlallah Dagher (architecte)
69. Salim Dahdah (ancien PDG du Casino du Liban)
70. Pierre Daher (directeur de la LBCI)
71. Hadi Damien (activiste)
72. Père Fadi Daou
73. Hind Darwich (éditrice)
74. Ivan Debs (illustrateur)
75. Nada Debs (créatrice)
76. Nasri Diab (professeur d’université)
77. Dinah Diwan (architecte, peintre)
78. Georges Dorlian (professeur d’université)
79. Jabbour Douaihy (écrivain)
80. Anne-Marie Eddé (professeure émérite à la Sorbonne)
81. Dominique Eddé (écrivaine)
82. Maroun Eddé (cofondateur de Murex)
83. Salim Eddé (cofondateur de Murex)
84. Georges Eid (journaliste)
85. Arwad Esper (programmatrice artistique)
86. Hala Fadel (managing partner de Leap Ventures)
87. Johnny Farah (designer)
88. Simone Fattal (artiste)
89. Mona Fawaz (professeure à l’AUB)
90. Mona Fayad (professeure d’université)
91. Rached Fayed (journaliste)
92. Jean-Pierre Frangié (avocat)
93. Samer Frangié (professeur d’université)
94. Michèle de Freige (journaliste)
95. Monalisa Freiha (journaliste)
96. Emma Gannagé (professeure d’université)
97. Léna Gannagé (agrégée des facultés de droit)
98. Myrna Gannagé (psychologue)
99. Fady Gemayel (ingénieur télécom)
100. Père Ronney el-Gemayel (s.j., directeur du Cedrac–USJ)
101. Dima Germanos Besson (psychologue)
102. Marcel Ghanem (journaliste)
103. Pascal Hachem (artiste)
104. Abdallah Haddad (activiste)
105. Antoine Haddad (professeur d’université)
106. Diala Haddad (architecte paysagiste)
107. Joumana Haddad (écrivaine, activiste)
108. Rana Haddad (architecte)
109. Joanna Hadjithomas (artiste)
110. Élie el-Hage (journaliste)
111. Patricia Hakim (écrivaine)
112. Hanane Hajj Ali (dramaturge)
113. Youssef Haïdar (architecte)
114. Hiam Halawi (enseignante)
115. Shady Hamadeh (directeur de l’ESDU-AUB)
116. Lina Hamdane (activiste)
117. Jamil Ali Hassan (entrepreneur)
118. Abdallah Hatoum (créateur)
119. Mona Hatoum (artiste)
120. Karina el-Helou (curatrice)
121. Khalil Hélou (professeur d’université, général à la retraite)
122. Madeleine Hélou (ancienne vice-présidente du Festival de Baalbeck)
123. Philippe Hélou (cofondateur de Murex)
124. Joseph el-Hourani (architecte)
125. Alia Ibrahim (journaliste)
126. Bélinda Ibrahim (éditrice)
127. Hicham Jaber (metteur en scène)
128. Abdul-Halim Jabr (architecte, professeur d’université)
129. Sana’ el-Jaq (journaliste)
130. Khalil Joreige (artiste)
131. Souheil Kach (professeur)
132. Elham Kallab (professeure d’université)
133. Houda Kassatli (anthropologue, photographe)
134. Zeina Kassem (activiste)
135. Jean-Pierre Katrib (activiste)
136. Rabih Kayrouz (créateur en haute couture)
137. Naila Kettaneh-Kunigk (galeriste)
138. Père Gabriel Khairallah, (s.j., professeur de littérature à l’USJ et à Sciences Po Paris)
139. Talal Khawaja (professeur à la retraite)
140. Antoine Khoury Tawk (ancien chef de municipalité)
141. Eli Khoury (spécialiste en communication)
142. Elias Khoury (écrivain)
143. Fouad el-Khoury (photographe, cinéaste)
144. Gisèle Khoury (journaliste)
145. Liliane Khoury (professeure à l’USJ)
146. Marwan el-Khoury (mathématicien)
147. Melkar el-Khoury (activiste)
148. Cheikh Michel el-Khoury (ancien gouverneur de la BDL)
149. Rana Khoury (activiste)
150. Imad Komayha (journaliste)
151. Albert Kostanian (journaliste)
152. Nadine Labaki (cinéaste)
153. Lynn Maalouf (chercheuse, activiste)
154. Amal Makarem (journaliste, écrivaine)
155. Ziyad Makhoul (ancien rédacteur en chef de L’OLJ)
156. Georgia Makhlouf (écrivaine)
157. Chibli Mallat (avocat)
158. Janane Mallat (productrice TV)
159. Mohammed Matar (avocat)
160. Paul Matar (musicologue)
161. Saoud el-Mawla (professeur d’université)
162. Fadi Melhem (avocat)
163. Sam Menassa (chercheur)
164. Ayman Mhanna (directeur de l’ONG SKeyes)
165. Nada Mhanna (activiste)
166. Lameh Mikati (professeur d’université)
167. Wajdi Mouawad (écrivain, dramaturge)
168. Alia Moubayed (économiste)
169. Claude Moufarege (artiste peintre)
170. Roger Moukarzel (photographe)
171. Nadine Moussa (avocate)
172. Kamal Mouzawak (entrepreneur)
173. Malek Mroué (journaliste)
174. Jyad Murr (directeur de médias et organisateur de concerts)
175. Sami Nader (économiste, analyste politique)
176. Fouad Naïm (journaliste, peintre)
177. Alexandre Najjar (avocat, écrivain)
178. Sobhia Najjar (journaliste)
179. Nahida Nakad (ancienne directrice de la rédaction de France 24)
180. Maya Nassar (écrivaine)
181. Colette Naufal (directrice du BIFF)
182. Joseph Nehmé (avocat)
183. Vatcheh Nourbatlian (professeur d’université)
184. Hassan Ramadan (urologue)
185. Jean Riachi (PDG de la FFA Private Bank)
186. Hassane Rifaï (avocat)
187. Bahjat Rizk (avocat et écrivain)
188. Wissam Saadé (journaliste, professeur d’université)
189. Dima Sadek (journaliste)
190. Marc Saghié (journaliste)
191. David Sahyoun (psychanalyste)
192. Nasser Saïdi (ancien ministre)
193. Oussama Salam (ingénieur, entrepreneur)
194. Ghassan Salhab (réalisateur)
195. Sana Salhab el-Khalil (enseignante)
196. Tania Saleh (chanteuse)
197. Paul Salem (président du Middle East Institute)
198. Ahmad Salman (ancien directeur general d’as-Safir)
199. Farès Sassine (écrivain)
200. Mona el-Sayegh (céramiste)
201. Ziad el-Sayegh (consultant)
202. Antoun Sehnaoui (directeur de la SGBL)
203. Nada Sehnaoui (artiste)
204. Leila Shahid (sociologue, ex-ambassadrice)
205. Lokman Slim (chercheur)
206. Monika B. Slim (chercheuse)
207. Salah Stétié (écrivain)
208. Nayla Tabbara (vice-présidente de la fondation Adyan)
209. Ibrahim Tabet (écrivain)
210. Jad Tabet (président de l’ordre des ingénieurs et des architectes)
211. Sary Tadros (blogueur)
212. Yakzan el-Takki (journaliste)
213. Nayla Tamraz (professeure à l’USJ)
214. Louis Tannoury (sommelier)
215. Alfred Tarazi (artiste)
216. Talal Tohmé (journaliste)
217. Nadine Touma (écrivaine)
218. Hala Wardé (architecte)
219. Mohammad Wehbé (architecte)
220. Fathi el-Yafi (professeur d’université)
221. Gabriel Yared (musicien)
222. Akram Zaatari (producteur)
223. Talal Zeidan (architecte)
224. Jihad el-Zein (journaliste, écrivain)
225. Asmahan Zein (présidente de la LLWB)
226. Nada Zeineh (designer)
227. Zeina Zerbé (psychanalyste)
228. Lamia Ziadé (dessinatrice, écrivaine)
Make no mistake: the cancellation, under duress, of the Mashrou ‘Leila concert, scheduled for August 9, is an attack on the rule of law and freedom of expression.
Admitted to a campaign of demonization of an incredible violence against the Lebanese rock band, the International Festival of Byblos announced last Tuesday to have made this decision “in order to avoid bloodshed and in order to preserve the security” of the according to its terms. Although this decision is driven by a concern for responsibility that contrasts with the collective unreason of recent weeks, we can only regret it, as it sounds like an admission of helplessness in the face of political or religious obscurantism.
We immediately reaffirm our commitment to religious pluralism and respect for the faith of every believer, as well as the freedom of everyone not to believe, in a region where these principles are every day a little more threatened. However, and regardless of our sensitivities and differences of opinion on the grievances against this group, we can only be indignant at the sequence of events that led to this renunciation.
Indignant that no action has so far been taken by the authorities against the irresponsible party cadres and marginal groups who have called for preventing this event by force and multiplying the incitement to violence (sometimes going as far as calling for murder ). And even as members of the group were very quickly summoned by the judicial authorities, which found no violation of the law on their part nor banned the event.
Indignant that despite this discharge, some religious authorities have persisted in yielding to the temptation of imitation mimicry – especially on the pretext that the group had not publicly made his mea culpa. If our law effectively limits the freedom of expression, especially in matters of religion, it has not provided anywhere for this substitution of the spiritual authorities to the judiciary!
Indignant finally by the attitude of the political and elected parties that have played the overbid of the withdrawal of identity. In a context of obvious regression of individual freedoms and at a time when the country faces serious financial, security and social challenges, was it wise to give its youth a new reason to despair?
At a time when this coup de force of the logic of fear against reason risks imposing itself as a jurisprudence of fact and force infringing the freedom of expression of artists and the cultural influence of the country, we ask :
– to the Lebanese State and its representatives, starting with the President of the Republic, guardian of the Constitution, to take full advantage of their powerlessness in this matter. This implies that justice does not leave the misdeeds of hate propagators unpunished, today and in the future, regardless of their community or political affiliation. As for the Ministry of the Interior, it is his responsibility to fully guarantee the security of any authorized cultural event. This is the raison d’être and the credibility of the rule of law;
– the political and religious leaders who have demanded and obtained this annulment to remind their faithful and supporters that the freedom of expression of their convictions can not cross the limits of law, civility and tolerance;
– finally and above all, to our fellow citizens of all persuasions who share this indignation to join this call and to remain more than ever vigilant in the face of such abuses. It is our duty to all to ensure that our country remains faithful to its vocation, to be “a message of freedom and an example of pluralism for both the East and the West” (John Paul II).

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1181476/liberte-dexpression-ne-cedons-pas-face-a-la-violence-.html

Appel à une médecine d’urgence au Liban

“L’interdiction du concert de Mashrou’ Leila et la polémique qui fait rage depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux m’ont fait penser aux écrits de Mohammad Arkoun, éminent érudit algérien qui remit en question la cristallisation de plusieurs types de discours, notamment religieux.

Arkoun plaidait pour une pratique intellectuelle libre et libératrice, dans une perspective de dégagée des postulats dogmatiques, ce qui malheureusement est devenu une denrée rare au Liban.

En effet, face à la montée des fanatismes, l’exacerbation des identités meurtrières, le recul des libertés, la sacralisation de la politique et la radicalisation des discours et pratiques, on ne peut qu’appeler à promouvoir cette pensée en tant que médecine d’urgence : une pensée humaniste, ouverte au semblable et au différent, conviviale, incitant à l’écoute mutuelle, au respect et à la désinstrumentalisation du religieux lorsqu’il est à la merci – souvent de façon outrancière – des manipulations idéologiques.

Cette pensée aiderait une partie des Libanais à désapprendre ce qu’ils ont appris suite à des décennies de guerres et de propagation de la peur de l’autre. Désapprendre est un processus et une éducation visant la sortie du système d’exclusion mutuelle, en appliquant l’exercice de la « subversion », qui n’est nullement une destruction ou un rejet, mais qui essaye de comprendre le pourquoi et le comment des choses, de problématiser le canevas épistémologique articulant chaque discours et/ou expression (religieux, politique, littéraire, artistique, etc.).

N’est-il pas temps, en effet, de déconstruire – lorsqu’il le faut – les systèmes de construction du savoir prétendant détenir « la vérité » et offrir des effets de sens ? Et de poser les questions suivantes : jusqu’à quel point les Libanais sont-ils conscients des dimensions idéologiques de leurs discours et de leurs actions ? Quelles structures cognitives emploient-ils dans le but d’interpréter « leurs religions » ? Jusqu’à quel point développent-ils une relation critique entre leur passé et leur présent afin d’avoir un meilleur contrôle sur le futur, et comment cette relation pourrait-elle être effective et créatrice ?

En d’autres termes, nous avons besoin d’une archéologie de discours sédimentés et d’évidences sclérosées, afin de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproques l’exigence d’une solidarité – voire d’une interpénétration –, en vue de l’exorcisation de la crainte de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs, et afin de dépasser les systèmes de production du savoir, qu’ils soient religieux ou non, qui tentent d’ériger le local, l’historique contingent, l’expérience particulière en universel, en « transcendantal », en « sacré irréductible ».

L’objectif n’est pas de dévaloriser les religions ni les appartenances religieuses, mais d’y puiser ce qui pourrait favoriser l’éclosion de lectures et de pratiques renouvelées de la gestion des diversités au Liban, tout en opérant une ouverture aux discours et pratiques non religieux.

De ce fait, nous sommes appelés à nous engager dans le terrain de la complexité identitaire, à dépasser les frontières dites immuables entre individus et communautés, à sortir des ghettos, à être à l’écoute des attentes et des aspirations de toutes les composantes de la société, à transformer le regard sur l’autre afin qu’il soit dénué de tout projet d’autojustification et le regard sur soi-même pour qu’il ne se complaise pas dans des poncifs convenus”.

Dr. Pamela Chrabieh

L’Orient-le-Jour, Beyrouth, 01/08/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1181145/appel-a-une-medecine-durgence-au-liban.html

Stand Up for Human Rights

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Learning for and about human rights is important to understand the principles of equality and human dignity, and to build pluralistic and just socio-economic and political systems.
 
At the European Union Delegation to Lebanon #snap4humanrights Photo Competition Exhibition.