Ala’ Abou Fakhr, martyr de la révolution, martyr national – article dans l’Orient-le-Jour

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Le meurtre du révolutionnaire Ala’ Abou Fakhr devant son épouse et son fils a ravivé dans ma mémoire le décès de mon beau-père Gebran Badine qui fut assassiné en Irak en 2004. Dans un article que j’avais publié en 2007 dans Scriptura (Université de Montréal), je posais à l’époque les questions suivantes : « Qui est Gebran ? (et donc, qui est Ala’ ?). Vaut-il la peine d’être remémoré ? Sa mort, à l’instar de beaucoup d’autres, compte-t-elle sur l’échiquier national ? »

Depuis des décennies, les meurtres et massacres perpétrés au Liban et dans la région de l’Asie de l’Ouest ne sont plus que des événements relégués aux oubliettes, des concours de circonstances, des accidents faisant partie du lot dit normal de la guerre et des révolutions. En ce sens, la mort de Gebran, de Ala’ et de bien d’autres encore ferait partie de l’ordre des choses, du cycle de la vie et de la mort. Elle ferait partie des tragédies enfouies dans les méandres de l’histoire, jugées par des politiciens, des historiens, des institutions médiatiques et des peuples entiers, inaptes à porter le qualificatif de mal absolu, d’horreur extrême, et donc inaptes à être même pointées du doigt. Or toute guerre constitue un génocide, et tout être humain ayant péri de la folie meurtrière vaut la peine d’être remémoré, pour que justement cesse cette folie.

Au Liban, il est habituellement demandé tant aux enfants qu’aux adultes de ne pas revenir sur le passé, de taire les blessures, de se murer dans un mutisme approbateur de la fatalité du destin, privilégiant la survie sociale et politique à la survie psychique et humaine. La société entière est soumise aux chuchotements et à l’autocensure qui font que la moindre pensée subversive est automatiquement réprimée. Cette omerta, ou loi du silence, est renforcée au niveau national par l’auto-amnistie des leaders de la guerre en 1991. En effet, la loi

n° 84 du 26 août 1991 a voulu voiler le passé récent en accordant une amnistie aux criminels pour tous les actes commis avant le 28 mars 1991. Cette loi fut élaborée en fonction de critères politiques et non des droits de l’homme. Les « seigneurs de la guerre » – expression utilisée en politologie libanaise – ont fait en sorte que leurs crimes soient oubliés. Or suffit-il d’affirmer que le passé n’existe plus en droit pour qu’il cesse d’exister dans la réalité et les consciences, pour que victimes et bourreaux se valent ?

L’oubli n’est qu’une illusion, le temps nous rattrape à grandes enjambées et la souffrance nous descend, même si nous tentons de fuir. « Gare au retour du refoulé ! » avait prévenu un célèbre architecte libanais lors d’une conférence en février 2004 intitulée « Le centre-ville, exploit ou fracture ? ». Comment tourner la page sur des milliers de morts, de blessés, de disparus, de déplacés, de prisonniers, d’émigrés forcés, de destructions, d’horreurs? Comment dépasser la peur qui marque sa présence et la dépression qui suit la fin de l’espoir ? Comment envisager ce qui sera sans tenir compte de ce qui a été ?

« Je désire savoir où sont les choses futures et passées, si l’on peut dire qu’elles sont. Si cette connaissance est au-dessus de moi, au moins je suis assuré qu’en quelque lieu qu’elles soient, elles n’y sont ni futures ni passées, mais présentes, puisque si elles y sont futures, elles n’y sont pas encore, et que si elles y sont passées, elles n’y sont plus. »

Aux interrogations de saint Augustin, dans les Confessions (livre XI, chapitre XVII), répondent certaines certitudes : si l’avenir n’est pas encore et si le passé n’est plus, celui-ci n’est pas sans influencer celui-là. En ce sens, un avenir pacifié ne peut être envisageable si la politique de la tabula rasa relevant de la terre brûlée est adoptée. Celui-ci requiert la reconnaissance de la douleur en la muant en souvenir fondateur qui puisse nous en affranchir, notamment en construisant une mémoire individuelle et collective de la guerre. Dans cette perspective, la parole ou la mise en récit de l’événement traumatique occupent une place centrale dans le processus thérapeutique qui constitue la base du processus de « peacebuilding » – construction de la paix. Donner un espace de parole, d’où l’on peut s’exprimer en toute sécurité et liberté, est indispensable pour passer de la simple reviviscence à la représentation, du souvenir au « ressouvenir » – un terme utilisé par Amin Maalouf et qui signifie une réécriture, un déchiffrage, un dévoilement, un travail de critique et d’autocritique (intériorisation), un projet herméneutique, un travail de deuil, un acte refondateur, une transformation – pour qu’on puisse dire les blessures, leur attribuer un sens, les comprendre et vivre avec.

En ce sens, le principe « œil pour œil, dent pour dent », ou la culture de la vendetta, devrait être remplacé par un processus réparateur impliquant toutes les parties, constituant une manière puissante d’aborder non seulement les préjudices matériels et physiques causés par les crimes, mais aussi les préjudices sociaux, psychologiques et relationnels. Cette démarche est centrée sur la victime, et la communauté et le dialogue en sont les éléments centraux. Le but n’est pas la vengeance, mais que la vérité soit connue et qu’une reconnaissance publique soit officiellement sanctionnée. Les auteurs de crimes de guerre et de tout crime ont beau répéter que personne n’entendra les victimes, que personne ne se soucie d’elles, que personne ne le saura jamais… D’où la nécessité de faire face à ce que le journaliste Lawrence Weschler qualifie d’« instant primordial » : « Qui était là ? Qui criait ? Qui se tenait aux côtés de la victime et que faisaient-ils ? Qui encore maintenant oserait écouter ses cris ? Qui souhaite le savoir ? Qui sera tenu responsable ? Et qui leur en demandera des comptes ? »

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1195118/ala-abou-fakhr-martyr-de-la-revolution-martyr-national.html

Towards Inclusive Societies in the Middle East Conference Full Report

Our conference’s full report (“Towards Inclusive Societies in the Middle East”
Ayia Napa, Cyprus, October 31 – November 2, 2019) by Karis Ailabouni:
“Inclusive societies based on equal rights remain at a distance as the Middle East continues to face radicalized religious and political movements. In light of this, Dar al-Kalima University College of Arts and Culture and the Christian Academic Forum for Citizenship in the Arab World (CAFCAW) organized its fifth international conference entitled, “Towards Inclusive Societies in the Middle East”, held in Cyprus from October 31 to November 2, 2019. The conference gathered 47 scholars, activists, and experts from around the world with the aim of stimulating critical dialogue on the factors that hinder equitable societies in the region. In an effort to practice inclusion, 29 (61%) of the conference participants were women, while 9 (19%) were youth under the age of 35. In addition, participants came from diverse national backgrounds. The majority hailed from the region, namely Palestine, Lebanon, Egypt, Jordan, Syria and UAE. However, participants also joined from the USA, Canada, Sweden, the Netherlands, Austria, Germany, and the UK. The conference provided also a forum for Arab scholars from the diaspora to connect to their peers from the region. The forum’s diversity of participation inspired an unparalleled interdisciplinary, ecumenical, and interreligious discussion, through which participants could explore issues from multiple perspectives.

Following a welcome dinner on October 31, the event consisted of eight sessions and 22 paper presentations over two days. Sessions I and II provided a theoretical framing of inclusivity in political and theological terms. This led into sessions III and IV, which tackled gender justice as a critical form of inclusivity. On day 2, the morning consisted of two sets of parallel sessions. The first contextualized inclusivity through specific insights from Lebanon and Egypt, while the second brought unique interdisciplinary approaches to the theme- from philosophy, to germ theory, to natural resource management.

The conference also made space to include a flash panel on the revolution currently unfolding in Lebanon. As a scholarly forum rooted in everyday realities, it was necessary to include this session given its relevance to the themes of the conference and to the sociopolitical context of the region at large. Lebanese participants shared their diverse perspectives from the ground, reflecting on the opportunities and challenges of the revolution as a platform for people to affect social and political change.

Several important themes emerged from the discussions surrounding these sessions. Firstly, the bondage of minoritization and sectorization in the Middle East poses a challenge to inclusive societies. Through histories of colonialism and authoritarianism, Christians have been constructed to think of themselves as minorities and, therefore, inherently disempowered. This phenomenon calls for a radically inclusive, popular theology that rejects sectarianism.

Inclusivity, then, requires societies in the Middle East to learn from local history so that they might deconstruct oppressive power systems inherited from colonialist and authoritarian regimes. Rather than reproducing exclusivist modes of authority, there is an urgent need to build new social contracts that empower the participation of all people in public life. This necessitates not only the building of new political systems, but also a sociocultural shift in which people begin to understand political participation not as a privilege, but as an essential dimension of their being.

Therefore, there is a need to pursue a collective journey towards inclusive societies. This was brought to light in discussions tackling gender justice, as many women’s movements are already carving a place for themselves as equal citizens. For example, women are at the front lines of the revolution in Lebanon. Meanwhile, women Islamic activists in Palestine are challenging the dominant culture by studying Islam and building their religious practice. In addition, women in the Evangelical Church in Egypt are struggling to become ordained leaders in their church through subversive ministry. Youth in the Middle East are also actively excluded from participation in public life. Research presented in the conference showed youth’s growing disillusionment with their future. Although they are eager to better their own community, many feel they must ultimately go abroad to realize their dreams. The problematic of Arab youth and women’s exclusion calls for participatory processes that allow the marginalized in society to make their voices heard.

Finally, the conference concluded with a discussion of pressing topics that might be addressed in future conferences. The recommendations emphasized by participants included the following:

Public theology of the religious other
Liberation from exploitation and authoritarianism
Technology, Religion and virtual realities
The role of education in social change, peace, and reconciliation

CAFCAW executive committee decided to choose the theme of Education for the next year with a working title “The Future of Education in West Asia and North Africa: Education for the Future.”

The conference was utilized as a platform to launch Telos magazine (www.telosmagazine.org), a new online magazine with a focus on public theology.

In addition to the stimulating discussions that surrounded these sessions, one of the greatest successes of the conference occurred informally. Academics and activists from around the world were able to build new connections with one another, creating a network where ideas and experiences could be exchanged. As one participant noted, the conference succeeded in developing a community of scholars and practitioners. This allowed not only for rich and critical dialogue, but also opened endless possibilities for future”.

Source: Dar al Kalima University of Arts and Culture

CAFCAW Executive Committee
Telos Wana Magazine Editorial Committee

عن الحوار الإسلامي المسيحي، ذاكرة الحرب وبناء السلام في لبنان

Interested in the subject on Interfaith Dialogue, War Memory and Peacebuilding? This is the full version of my article, and you can have access to the PDF file on Telos’ site: https://www.telosmagazine.org/

مثقفون مسيحيون لبنانيون: كنا ننتظر من الكنيسة دعم الحريات & legal agenda almodon.com

أصدرت مجموعة من المثقفين/ات المسيحيين/ات في لبنان بياناً دانت فيه تقاعس الكنيسة عن دعم الحرّيّات والكرامة الإنسانيّة وعن التشجيع على الإبداع والخلق، معتبرين أنها عادت بلبنان إلى زمن محاكم التفتيش.

وهنا نص البيان:

نحن مجموعة من المواطنات والمواطنين المسيحيّين في لبنان، نؤمن بضرورة قيام دولة مدنيّة لاطائفيّة مبنيّة على أساس المواطنة.

قام مؤخّراً جدلٌ حول محتوى أغنيات إحدى الفرق الموسيقيّة في لبنان ومدى خدشه “للشعور الدينيّ” وتهكّمه على رموز الدين المسيحيّ ومعتقداته. وتصاعدت دعوات إلى منع الفرقة من المشاركة في مهرجانات بيبلوس، وتهجّم البعض كلاماً على أعضاء الفرقة، وبلغ البعض الآخر حدّ الدعوة الصريحة إلى العنف وإيقاف الحفلة بالقوّة، مع ما يُبطن ذلك من تهديد بإراقة الدماء. ولم يتدخّل المركز الكاثوليكيّ للإعلام في الموضوع وعدد من الكهنة الأرثوذكس وأخيراً اللجنة الأسقفيّة المارونيّة، إلاّ للتشديد على رفضهم المسّ بالشعائر والمشاعر الدينيّة، ودعوة “الأجهزة المختصّة” إلى وقف الحفلة. وقد جاء أخيرًا قرار لجنة مهرجانات بيبلوس القاضي بإيقاف حفلة الفرقة المعنيّة “منعاً لإراقة الدماء” كما ورد في بيانها، ليشكّل نصراً لفكرٍ غوغائيّ إقصائيّ لا يأنف الاعتداءات الدمويّة باسم السيّد المسيح الذي تميّز بوداعته ونبذه العنف.

لقد راعتنا ردود الأفعال هذه، لا سيّما تلك التي صدرت عن قيادات كنسيّة. فإن كانت الكنيسة تريد أن تكون بالفعل شاهدةً للسيّد المسيح، كنّا ننتظر منها أن تدعم الحرّيّات والكرامة الإنسانيّة وتشجّع على الإبداع والخلق، عوضًا من أن تعود بنا إلى زمن محاكم التفتيش. كنّا ننتظر أن نسمع صوتها الأخلاقيّ والشجاع في وجه الظلم في المنطقة. كان الأجدر بها أن تناهض قمع الحرّيّات والظلم، عوضاً من الصمت المريب عمّا حصل ويحصل في لبنان وحوله، وأن تقف مع الفقراء في وجه نهب المال العامّ. ولقد كان الأجدر بها أن تهتمّ بحماية أبنائها وبناتها من الاعتداءات الجنسيّة على أيدي رجال دين، وتدعم تطبيق القوانين، وأن تدين الدعوات العنصريّة التي تتردّد أصداؤها منذ سنوات في حقّ العمّال الأجانب كما في حقّ النازحين واللاجئين من فلسطينيّين وسوريّين، وأن تتضامن بشكل فعليّ مع الشعب الفلسطينيّ. نرفض أن يعلو صوت الكنيسة حصراً في شأن طائفيّ أو في شأن “المشاعر الدينيّة”.

يهمّنا كمواطنات ومواطنين مسيحيّين أن نؤكّد الآتي:

1- نعتقد بأنّ السيّد المسيح أظهر بما لا يقبل الجدل أنّ الله يحترم حرّيّة الفكر وحرّيّة الفعل عند الإنسان، حتّى ولو كانت تؤدّي إلى رفض الإنسان لله.

2- إنّ الحفاظ على حرّيّة الرأي والمعتقد أمر لا يتجزّأ. لذا، لا يمكن طلب حرّيّة الرأي للمؤمنين ومنعها عن غير المؤمنين، أو منعها عن الفنّانين الذين يتوسّلون أشكال التعبير الفنّي لدعم المعتقدات أو نقدها؛ مع ما قد يتضمّنه ذلك من تهكّم، فالتهكّم جزء من بعض الأعمال الفنّية وقد يحمل نقداً مفيداً إن أصغى إليه المؤمن الصادق.

3- إنّ ما يثير الاستغراب هو هذا الخوف الذي يبديه المسؤولون من أثر النقد والتهكّم (حتّى ولو كان فيه إسفاف) على قناعات الإيمان المسيحيّ. ويصل بيان اللجنة الأسقفيّة إلى حدّ التعبير عن الاعتقاد أنّ المسّ بالشعائر الدينيّة يشكّل “خطراً على المجتمعات وتهديداً للسلم الاهليّ”. أمام دعوات العنف التي ملأت صفحات التواصل الاجتماعيّ، كان من واجب القيادات الدينيّة الوقوف ضدّها بلا لبس، وضدّ التعرّض لأعضاء الفرقة، وإبداء الحميّة في الدفاع عن حياة أعضاء الفرقة المهدّدة، لا الانسياق وراء مشاعر دينيّة انفعاليّة وغرائزية.

4- نعتبر إنّ دور القيادات الدينيّة، المؤتمنة على الرعيّة، هو ضبط الانفعالات عوضاً من تأجيجها وإعطائها طابعاً شرعيّاً. فالقانون المدنيّ والجزائيّ يعاقب على العنف وعلى الدعوة إلى العنف وعلى التهديد بالإيذاء. إنّنا نعتبر أنّ أيّ مسّ بأعضاء الفرقة هو أيضاً من مسؤوليّة القيادات الدينيّة إن هي شاركت في تفلّت الانفعالات أو تبريرها.

5- إنّنا ندعو الإخوة المسيحيّين في لبنان إلى التحلّي بالعقلانيّة وشجاعة الشهادة المسيحيّة التي ترى في كل إنسان أيقونة حيّة للسيّد المسيح، والتي تمتاز بمحبّة أيّ إنسان.

6- أخيراً، نودّ أن نذكّر بأنّ أوضاع الفقر والانهيار الاقتصاديّ التي وصلت إليها بلادنا، والتضييق على حرّيّة نقد السلطات السياسيّة، والطائفيّة التي تقسّم البلاد وتسمح بنهبها، كلّ هذه هي أمور مناقضة لكرامة الإنسان وحرّيّته. لذلك ندعو كلّ مواطن لبنانيّ إلى الأهتمام بالخير المشترك والعمل من أجله.

الموقّعات والموقّعون أدناه (بالحروف الأبجديّة):

هبة أبو الروس (مهندسة داخليّة)، وليد أبو حمد (طبيب)، بيير أبو خليل (طبيب)، نيقولا أبو مراد (أستاذ كتاب مقدّس)، سيلفي أفاكيان (أستاذة جامعيّة)، نعمه أميوني (إدارة أعمال)، غسّان أنطون (أستاذ ثانوي)، جورج أيوب (إدارة أعمال)، رنا الياس (مديرة تنفيذيّة)، اسكندر بندلي (مهندس)، غسان بندلي (إدارة ومعلوماتية)، جورج الحاج (باحث في اللاهوت والتاريخ)، طوني حافظ (إقتصادي)، ميشال حجي جورجيو (صحافي)، مروان حرب (أستاذ جامعي)، خليل حلو (جنرال متقاعد)، حنّا حيدر (أستاذ جامعي)، زينة حيدر (طبيبة)، غادة حيدر (مترجمة)، ساري الخازن (مهندس)، ملكار الخوري (صحافي)، اسبرانس دبس لوقا (أستاذة جامعيّة)، فؤاد دهان (مهندس بيئي)، جوسلين الديري (إدارة أعمال)، شربل روحانا (مؤلف موسيقي)، هيفا روحانا (مهندسة)، فارس سعيد (طبيب)، مجدي سمّوري (طبيب)، نورما شاهين (صحافية)، باميلا شرابية (باحثة وفنّانة)، إلهام صوايا (علم إجتماع)، أنجيلا عقل (إدارة تكنولوجيا)، ريمون غالب (مع تحفّظ) (فنّ تشكيلي)، ألين فرح (إدارة أعمال)، أنطوان قربان (مع تحفّظ) (أستاذ جامعي)، إيلي قصيفي (صحافي)، أسعد قطّان (أستاذ جامعي)، نجيب كوتيا (مهندس)، سعد كيوان (صحافي)، نيقولا لوقا (أستاذ جامعي)، خريستو المر (أستاذ جامعي)، سندرا نجيم (صحافيّة)، نصري نحاس (رئيس تنفيذّي)، ميشال نصير (لاهوتي)، شنتال ينّية (تربية وإدارة).

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&

Legal Agenda

Liberté d’expression: ne cédons pas à la violence

La rédaction de L’Orient-Le Jour
“Mashrou ‘Leila case Following the cancellation of the Mashrou’ Leila concert “to avoid bloodshed” and after discussion within the editorial office, it seemed to us that to try to stop a risky gear from the start Beyond this affair, to prove fatal for the values that have always been defended by this newspaper, we had to react otherwise than usual. This reaction takes the form of a call (adopted almost unanimously by the editors) to fully learn the lessons of this case, never to let fear triumph. We then wanted to associate with this call, by artisanal ways and in a very short period of time, members of the civil society sharing our indignation (that the potential signatories who were not joined and that we suppose many want well excuse this gap).”

“Affaire Mashrou’ Leila Suite à l’annulation du concert de Mashrou’ Leila « afin d’éviter une effusion de sang » et après discussion au sein de la rédaction, il nous a semblé que pour tenter d’enrayer d’emblée un engrenage risquant, bien au-delà de cette affaire, de s’avérer fatal pour les valeurs défendues depuis toujours par ce journal, il nous fallait réagir autrement qu’à l’accoutumée. Cette réaction prend la forme d’un appel (adopté à une quasi-unanimité par la rédaction) à tirer pleinement les leçons de cette affaire, pour ne plus jamais laisser la peur triompher. Nous avons alors voulu associer à cet appel, par des voies artisanales et dans un laps de temps très court, des membres de la société civile partageant notre indignation (que les signataires potentiels qui n’ont pas été joints et que nous supposons nombreux veuillent bien excuser cette lacune).”

Les signataires
1. La rédaction de L’Orient-Jour
———————————
2. Michel Eddé (PDG de L’OLJ, ancien président de la Fondation et de la Ligue maronites, ancien ministre)
3. Nayla de Freige (administratrice déléguée de L’OLJ ; présidente du Festival de Baalbeck)
4. Michel Hélou (directeur exécutif de L’OLJ)
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5. Michel-Antoine Abchi (architecte)
6. Shirine Abdallah (activiste)
7. Gaby Abdelnour (investisseur privé)
8. Nada Abdel Samad (journaliste)
9. Nada Abi Akl (journaliste)
10. Élie Abouaoun (consultant)
11. Bassam Accaoui (chimiste)
12. Nidal Achkar (artiste)
13. Etel Adnan (artiste)
14. Adonis (poète)
15. Georges Aftimos (médecin)
16. Misbah Ahdab (gestionnaire)
17. Rasha al-Ameer (chercheuse)
18. Ali el-Amine (journaliste)
19. Asma Andraos (consultante)
20. Chadi Aoun (réalisateur, créateur)
21. Philippe Aractingi (cinéaste)
22. Zeina Arida Bassil (directrice de musée)
23. Nadim Asfar (artiste)
24. Renée Asmar (présidente de la Fondation Cénacle libanais)
25. Wadih el-Asmar (activiste)
26. Roger Assaf (dramaturge)
27. Antoine Atallah (architecte)
28. Sahar al-Attar (rédactrice en chef du Commerce du Levant)
29. Christiane Audi (présidente de la Fondation Audi)
30. Gérard Avedissian (metteur en scène)
31. Akl Awit (journaliste, écrivain)
32. Chawki Azouri (psychanalyste)
33. Ayman Baalbaki (artiste)
34. Dr Mohammad Badaoui (professeur d’université)
35. Joseph Bahout (professeur d’université, chercheur)
36. Hoda Barakat (écrivaine)
37. Saleh Barakat (galeriste)
38. Karim Basbous (architecte)
39. Dr Noha Baz (pédiatre)
40. Patrick Baz (photographe)
41. Nadine Begdache (galeriste)
42. Gérard Bejjani (professeur d’université, écrivain)
43. Hala Bejjani (directrice de Kulluna Irada)
44. Abbas Beydoun (poète)
45. Karim Émile Bitar (professeur à l’USJ)
46. Nada Boulos (galeriste)
47. Naji Boulos (publicitaire, consultant)
48. Lucien Bourjeily (metteur en scène)
49. Jocelyne el-Boustany (écrivaine, chercheuse)
50. Nora Boustani (journaliste)
51. Rafic Boustani (écrivain, démographe)
52. Soha Bsat Boustani (consultante aux Nations unies)
53. Fady Bustros (consultant)
54. Sabine Bustros (activiste)
55. Brigitte Caland (professeure à l’AUB)
56. Rabih el-Chaer (consultant)
57. Sara Chahine Ammar (enseignante)
58. Ali Chahrour (chorégraphe, danseur)
59. Jihad Chamas (activiste)
60. Père Jad Chebli (s.j.)
61. Hanan el-Cheikh (écrivaine)
62. Joanna Chevalier (directrice artistique de Beirut Art Fair)
63. Dr Pamela Chrabieh (professeure d’université)
64. Jean-Claude Codsi (cinéaste)
65. David Corm (éditeur)
66. Joseph Courbage (démographe)
67. Antoine Courban (professeur d’université)
68. Fadlallah Dagher (architecte)
69. Salim Dahdah (ancien PDG du Casino du Liban)
70. Pierre Daher (directeur de la LBCI)
71. Hadi Damien (activiste)
72. Père Fadi Daou
73. Hind Darwich (éditrice)
74. Ivan Debs (illustrateur)
75. Nada Debs (créatrice)
76. Nasri Diab (professeur d’université)
77. Dinah Diwan (architecte, peintre)
78. Georges Dorlian (professeur d’université)
79. Jabbour Douaihy (écrivain)
80. Anne-Marie Eddé (professeure émérite à la Sorbonne)
81. Dominique Eddé (écrivaine)
82. Maroun Eddé (cofondateur de Murex)
83. Salim Eddé (cofondateur de Murex)
84. Georges Eid (journaliste)
85. Arwad Esper (programmatrice artistique)
86. Hala Fadel (managing partner de Leap Ventures)
87. Johnny Farah (designer)
88. Simone Fattal (artiste)
89. Mona Fawaz (professeure à l’AUB)
90. Mona Fayad (professeure d’université)
91. Rached Fayed (journaliste)
92. Jean-Pierre Frangié (avocat)
93. Samer Frangié (professeur d’université)
94. Michèle de Freige (journaliste)
95. Monalisa Freiha (journaliste)
96. Emma Gannagé (professeure d’université)
97. Léna Gannagé (agrégée des facultés de droit)
98. Myrna Gannagé (psychologue)
99. Fady Gemayel (ingénieur télécom)
100. Père Ronney el-Gemayel (s.j., directeur du Cedrac–USJ)
101. Dima Germanos Besson (psychologue)
102. Marcel Ghanem (journaliste)
103. Pascal Hachem (artiste)
104. Abdallah Haddad (activiste)
105. Antoine Haddad (professeur d’université)
106. Diala Haddad (architecte paysagiste)
107. Joumana Haddad (écrivaine, activiste)
108. Rana Haddad (architecte)
109. Joanna Hadjithomas (artiste)
110. Élie el-Hage (journaliste)
111. Patricia Hakim (écrivaine)
112. Hanane Hajj Ali (dramaturge)
113. Youssef Haïdar (architecte)
114. Hiam Halawi (enseignante)
115. Shady Hamadeh (directeur de l’ESDU-AUB)
116. Lina Hamdane (activiste)
117. Jamil Ali Hassan (entrepreneur)
118. Abdallah Hatoum (créateur)
119. Mona Hatoum (artiste)
120. Karina el-Helou (curatrice)
121. Khalil Hélou (professeur d’université, général à la retraite)
122. Madeleine Hélou (ancienne vice-présidente du Festival de Baalbeck)
123. Philippe Hélou (cofondateur de Murex)
124. Joseph el-Hourani (architecte)
125. Alia Ibrahim (journaliste)
126. Bélinda Ibrahim (éditrice)
127. Hicham Jaber (metteur en scène)
128. Abdul-Halim Jabr (architecte, professeur d’université)
129. Sana’ el-Jaq (journaliste)
130. Khalil Joreige (artiste)
131. Souheil Kach (professeur)
132. Elham Kallab (professeure d’université)
133. Houda Kassatli (anthropologue, photographe)
134. Zeina Kassem (activiste)
135. Jean-Pierre Katrib (activiste)
136. Rabih Kayrouz (créateur en haute couture)
137. Naila Kettaneh-Kunigk (galeriste)
138. Père Gabriel Khairallah, (s.j., professeur de littérature à l’USJ et à Sciences Po Paris)
139. Talal Khawaja (professeur à la retraite)
140. Antoine Khoury Tawk (ancien chef de municipalité)
141. Eli Khoury (spécialiste en communication)
142. Elias Khoury (écrivain)
143. Fouad el-Khoury (photographe, cinéaste)
144. Gisèle Khoury (journaliste)
145. Liliane Khoury (professeure à l’USJ)
146. Marwan el-Khoury (mathématicien)
147. Melkar el-Khoury (activiste)
148. Cheikh Michel el-Khoury (ancien gouverneur de la BDL)
149. Rana Khoury (activiste)
150. Imad Komayha (journaliste)
151. Albert Kostanian (journaliste)
152. Nadine Labaki (cinéaste)
153. Lynn Maalouf (chercheuse, activiste)
154. Amal Makarem (journaliste, écrivaine)
155. Ziyad Makhoul (ancien rédacteur en chef de L’OLJ)
156. Georgia Makhlouf (écrivaine)
157. Chibli Mallat (avocat)
158. Janane Mallat (productrice TV)
159. Mohammed Matar (avocat)
160. Paul Matar (musicologue)
161. Saoud el-Mawla (professeur d’université)
162. Fadi Melhem (avocat)
163. Sam Menassa (chercheur)
164. Ayman Mhanna (directeur de l’ONG SKeyes)
165. Nada Mhanna (activiste)
166. Lameh Mikati (professeur d’université)
167. Wajdi Mouawad (écrivain, dramaturge)
168. Alia Moubayed (économiste)
169. Claude Moufarege (artiste peintre)
170. Roger Moukarzel (photographe)
171. Nadine Moussa (avocate)
172. Kamal Mouzawak (entrepreneur)
173. Malek Mroué (journaliste)
174. Jyad Murr (directeur de médias et organisateur de concerts)
175. Sami Nader (économiste, analyste politique)
176. Fouad Naïm (journaliste, peintre)
177. Alexandre Najjar (avocat, écrivain)
178. Sobhia Najjar (journaliste)
179. Nahida Nakad (ancienne directrice de la rédaction de France 24)
180. Maya Nassar (écrivaine)
181. Colette Naufal (directrice du BIFF)
182. Joseph Nehmé (avocat)
183. Vatcheh Nourbatlian (professeur d’université)
184. Hassan Ramadan (urologue)
185. Jean Riachi (PDG de la FFA Private Bank)
186. Hassane Rifaï (avocat)
187. Bahjat Rizk (avocat et écrivain)
188. Wissam Saadé (journaliste, professeur d’université)
189. Dima Sadek (journaliste)
190. Marc Saghié (journaliste)
191. David Sahyoun (psychanalyste)
192. Nasser Saïdi (ancien ministre)
193. Oussama Salam (ingénieur, entrepreneur)
194. Ghassan Salhab (réalisateur)
195. Sana Salhab el-Khalil (enseignante)
196. Tania Saleh (chanteuse)
197. Paul Salem (président du Middle East Institute)
198. Ahmad Salman (ancien directeur general d’as-Safir)
199. Farès Sassine (écrivain)
200. Mona el-Sayegh (céramiste)
201. Ziad el-Sayegh (consultant)
202. Antoun Sehnaoui (directeur de la SGBL)
203. Nada Sehnaoui (artiste)
204. Leila Shahid (sociologue, ex-ambassadrice)
205. Lokman Slim (chercheur)
206. Monika B. Slim (chercheuse)
207. Salah Stétié (écrivain)
208. Nayla Tabbara (vice-présidente de la fondation Adyan)
209. Ibrahim Tabet (écrivain)
210. Jad Tabet (président de l’ordre des ingénieurs et des architectes)
211. Sary Tadros (blogueur)
212. Yakzan el-Takki (journaliste)
213. Nayla Tamraz (professeure à l’USJ)
214. Louis Tannoury (sommelier)
215. Alfred Tarazi (artiste)
216. Talal Tohmé (journaliste)
217. Nadine Touma (écrivaine)
218. Hala Wardé (architecte)
219. Mohammad Wehbé (architecte)
220. Fathi el-Yafi (professeur d’université)
221. Gabriel Yared (musicien)
222. Akram Zaatari (producteur)
223. Talal Zeidan (architecte)
224. Jihad el-Zein (journaliste, écrivain)
225. Asmahan Zein (présidente de la LLWB)
226. Nada Zeineh (designer)
227. Zeina Zerbé (psychanalyste)
228. Lamia Ziadé (dessinatrice, écrivaine)
Make no mistake: the cancellation, under duress, of the Mashrou ‘Leila concert, scheduled for August 9, is an attack on the rule of law and freedom of expression.
Admitted to a campaign of demonization of an incredible violence against the Lebanese rock band, the International Festival of Byblos announced last Tuesday to have made this decision “in order to avoid bloodshed and in order to preserve the security” of the according to its terms. Although this decision is driven by a concern for responsibility that contrasts with the collective unreason of recent weeks, we can only regret it, as it sounds like an admission of helplessness in the face of political or religious obscurantism.
We immediately reaffirm our commitment to religious pluralism and respect for the faith of every believer, as well as the freedom of everyone not to believe, in a region where these principles are every day a little more threatened. However, and regardless of our sensitivities and differences of opinion on the grievances against this group, we can only be indignant at the sequence of events that led to this renunciation.
Indignant that no action has so far been taken by the authorities against the irresponsible party cadres and marginal groups who have called for preventing this event by force and multiplying the incitement to violence (sometimes going as far as calling for murder ). And even as members of the group were very quickly summoned by the judicial authorities, which found no violation of the law on their part nor banned the event.
Indignant that despite this discharge, some religious authorities have persisted in yielding to the temptation of imitation mimicry – especially on the pretext that the group had not publicly made his mea culpa. If our law effectively limits the freedom of expression, especially in matters of religion, it has not provided anywhere for this substitution of the spiritual authorities to the judiciary!
Indignant finally by the attitude of the political and elected parties that have played the overbid of the withdrawal of identity. In a context of obvious regression of individual freedoms and at a time when the country faces serious financial, security and social challenges, was it wise to give its youth a new reason to despair?
At a time when this coup de force of the logic of fear against reason risks imposing itself as a jurisprudence of fact and force infringing the freedom of expression of artists and the cultural influence of the country, we ask :
– to the Lebanese State and its representatives, starting with the President of the Republic, guardian of the Constitution, to take full advantage of their powerlessness in this matter. This implies that justice does not leave the misdeeds of hate propagators unpunished, today and in the future, regardless of their community or political affiliation. As for the Ministry of the Interior, it is his responsibility to fully guarantee the security of any authorized cultural event. This is the raison d’être and the credibility of the rule of law;
– the political and religious leaders who have demanded and obtained this annulment to remind their faithful and supporters that the freedom of expression of their convictions can not cross the limits of law, civility and tolerance;
– finally and above all, to our fellow citizens of all persuasions who share this indignation to join this call and to remain more than ever vigilant in the face of such abuses. It is our duty to all to ensure that our country remains faithful to its vocation, to be “a message of freedom and an example of pluralism for both the East and the West” (John Paul II).

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1181476/liberte-dexpression-ne-cedons-pas-face-a-la-violence-.html

Jbail-Capitale du Dialogue et de la Convivialité (Byblos, Liban)

Avec Sheikh Nokkari, P. Rai, et les convives du Mufti de Jbeil Sheikh Al-Laqis pour un iftar des plus généreux. Une occasion de célébrer la naissance de l’organisation non-gouvernementale “Jbail-Capitale du Dialogue et de la Convivialité” (J.C.D.C)
جبيل عاصمة الحوار والعيش المشترك

Repenser la gestion de la diversité religieuse et culturelle entre le Liban et le Canada

Les cas d’étude et de comparaison entre le Canada et le Liban ne sont pas récents, et suscitent encore aujourd’hui l’engouement de plusieurs chercheurs, vu que ces deux pays sont marqués par la diversité religieuse et culturelle. Une diversité qui pourrait constituer un terreau de dissensions, ou une pratique et un horizon de convivialité et de paix.

Au Liban, des individus et des organisations non-gouvernementales revendiquent des changements dans la gestion de la diversité. Au Canada, avec les revendications particulières de communautés religieuses et culturelles, ainsi que l’intégration de l’expression du phénomène religieux dans l’espace public comme dans les secteurs académiques, médiatique et juridico-politique, les défis de non-discrimination sont multiples.

En fait, tant au Liban qu’au Canada, on cherche continuellement à repenser la place du religieux dans l’espace public et à réformer le système de gestion des composantes de ces deux pays, tellement différents mais aussi semblables à bien des égards.

(Extrait de mon introduction à la 4e table-ronde du colloque “Les communautés de l’Etat du Liban” à l’USEK, 22 mars 2019)