Appel à une médecine d’urgence au Liban

“L’interdiction du concert de Mashrou’ Leila et la polémique qui fait rage depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux m’ont fait penser aux écrits de Mohammad Arkoun, éminent érudit algérien qui remit en question la cristallisation de plusieurs types de discours, notamment religieux.

Arkoun plaidait pour une pratique intellectuelle libre et libératrice, dans une perspective de dégagée des postulats dogmatiques, ce qui malheureusement est devenu une denrée rare au Liban.

En effet, face à la montée des fanatismes, l’exacerbation des identités meurtrières, le recul des libertés, la sacralisation de la politique et la radicalisation des discours et pratiques, on ne peut qu’appeler à promouvoir cette pensée en tant que médecine d’urgence : une pensée humaniste, ouverte au semblable et au différent, conviviale, incitant à l’écoute mutuelle, au respect et à la désinstrumentalisation du religieux lorsqu’il est à la merci – souvent de façon outrancière – des manipulations idéologiques.

Cette pensée aiderait une partie des Libanais à désapprendre ce qu’ils ont appris suite à des décennies de guerres et de propagation de la peur de l’autre. Désapprendre est un processus et une éducation visant la sortie du système d’exclusion mutuelle, en appliquant l’exercice de la « subversion », qui n’est nullement une destruction ou un rejet, mais qui essaye de comprendre le pourquoi et le comment des choses, de problématiser le canevas épistémologique articulant chaque discours et/ou expression (religieux, politique, littéraire, artistique, etc.).

N’est-il pas temps, en effet, de déconstruire – lorsqu’il le faut – les systèmes de construction du savoir prétendant détenir « la vérité » et offrir des effets de sens ? Et de poser les questions suivantes : jusqu’à quel point les Libanais sont-ils conscients des dimensions idéologiques de leurs discours et de leurs actions ? Quelles structures cognitives emploient-ils dans le but d’interpréter « leurs religions » ? Jusqu’à quel point développent-ils une relation critique entre leur passé et leur présent afin d’avoir un meilleur contrôle sur le futur, et comment cette relation pourrait-elle être effective et créatrice ?

En d’autres termes, nous avons besoin d’une archéologie de discours sédimentés et d’évidences sclérosées, afin de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproques l’exigence d’une solidarité – voire d’une interpénétration –, en vue de l’exorcisation de la crainte de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs, et afin de dépasser les systèmes de production du savoir, qu’ils soient religieux ou non, qui tentent d’ériger le local, l’historique contingent, l’expérience particulière en universel, en « transcendantal », en « sacré irréductible ».

L’objectif n’est pas de dévaloriser les religions ni les appartenances religieuses, mais d’y puiser ce qui pourrait favoriser l’éclosion de lectures et de pratiques renouvelées de la gestion des diversités au Liban, tout en opérant une ouverture aux discours et pratiques non religieux.

De ce fait, nous sommes appelés à nous engager dans le terrain de la complexité identitaire, à dépasser les frontières dites immuables entre individus et communautés, à sortir des ghettos, à être à l’écoute des attentes et des aspirations de toutes les composantes de la société, à transformer le regard sur l’autre afin qu’il soit dénué de tout projet d’autojustification et le regard sur soi-même pour qu’il ne se complaise pas dans des poncifs convenus”.

Dr. Pamela Chrabieh

L’Orient-le-Jour, Beyrouth, 01/08/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1181145/appel-a-une-medecine-durgence-au-liban.html

Du choc des titans et de la culture de la guerre

Mon article paru ce matin dans l’Orient-le-Jour (Beyrouth – Liban) sur la nécessité de déconstruire la culture de la guerre et d’édifier une culture de la paix. C’est le énième article que je publie sur ce sujet depuis les années 90. La guerre est continue au Liban. Elle n’est pas que physique, elle est surtout psychologique et culturelle.

Voilà des années que le Liban vit au rythme de guerres de paroles, de mémoires meurtries, d’identités meurtrières, d’autoritarisme et de crises sociopolitique, économique et environnementale.

Dans cette saga libanaise aux allures de choc de titans, les héros ont bel et bien disparu, laissant la place aux fanatiques, démagogues, corrompus, méduses, sorcières du Styx, montagnes de détritus, scorpions monstrueux, sacrifices humains et maléfices de Hadès.

Près de trois décennies après la fin des combats, il est triste de constater que le pays n’est pas en mode « postguerre ». En fait, la guerre est continue, et les leçons qui auraient dû être tirées n’ont pas pu l’être, justement parce qu’une véritable construction de la paix n’a pas eu lieu, et ce en dépit des initiatives de certains groupes et individus œuvrant pour la convivialité et un système sociopolitique aconfessionnel assurant l’unité dans la diversité des voix(es) libanaises. Une chose est de faire taire les canons, de faire disparaître les frontières territoriales et de constamment faire miroiter bonheur et prospérité ; une autre est de renouer le contact entre les communautés et d’établir des liens solides au-delà des dissensions et des clivages.

Comment penser et vivre une catharsis salutaire lorsque le Kraken de la culture de la guerre constitue la toile de fond du Liban contemporain? Cette culture s’impose comme réalité du quotidien physique et virtuel. Avec son cortège de djinns et de démons, elle enflamme les esprits, sème la zizanie et ravage les vies. Elle est à la fois le produit et le producteur de choc de titans, un cercle vicieux formé d’oppresseurs et d’opprimés, d’accapareurs de pouvoir, de démunis et de boucs émissaires.

Chaque instant qui passe sous l’emprise de la culture de la guerre creuse davantage le fossé entre Libanais, sanctifie l’assassinat du semblable et du différent, transforme le meurtre en devoir, banalise les suicides individuel et collectif, et interdit toute réflexion critique, toute évolution et toute richesse émanant de la diversité.

Tant que la culture de la guerre sévit dans les cœurs, les criminels continueront de perpétrer leurs crimes et les victimes de mourir par omission. Tant que cette culture existe, l’étripage des dieux se poursuivra. Tant que l’hégémonie culturelle est celle de la guerre et non de la paix, on ne pourra garder l’espoir face aux bouchons inextricables du passé et à la léthargie étouffante du présent, révéler les non-dits, muer la douleur en souvenir fondateur et retenir la principale leçon de la guerre, de toute guerre : qu’elle ne se reproduise plus.

SOURCE: https://www.lorientlejour.com/article/1157956/du-choc-des-titans-et-de-la-culture-de-la-guerre.html

Théologies de la réconciliation

THÉOLOGIQUES

Volume 23, numéro 2, 2015 (publié en décembre 2017; disponible en ligne dès janvier 2018): https://www.erudit.org/fr/revues/theologi/2015-v23-n2-theologi03341/#

Théologies de la réconciliation
Sous la direction de Denise Couture et Jean-François Roussel

Direction de la revue: Alain Gignac (Directeur)
Éditeur: Faculté de théologie et de sciences des religions, Université de Montréal (QC – Canada)
ISSN1188-7109 (imprimé)1492-1413 (numérique)

ARTICLES:

Théologies chrétiennes de la réconciliation à l’heure de la Commission vérité et réconciliation du Canada
Denise Couture et Jean-François Roussel p. 7–30

La Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones : Bilan et prospective
Jean-François Roussel p. 31–58

Les Églises, la théologie et les Autochtones : De la réconciliation à la décolonisation
Michel Andraos p. 59–73

Le salut comme réconciliation
Jean Richard p. 75–101

La réconciliation chez Paul (2 Co 5,11–6,2 ; Rm 5,1-11) : Perspective discursive et socio-politique
Alain Gignac p. 103–131

La mission de l’Église : Réconciliation de l’humanité désunie
Gregory Baum p. 133–148

Pour des réconciliations ecclésiales, religieuses et personnelles : Les communautés locales de Poitiers et la confiance
Rémi Lepage p. 149–164

La réconciliation comme mission : De l’usage théologique de la notion de réconciliation par le décret sur la mission de la 35e Congrégation générale de la Compagnie de Jésus
André Brouillette S.J. p. 165–183

Les alliances interethniques en Afrique de l’Ouest : Nouvelles stratégies de réconciliation
Zaoro Hyacinthe Loua S.J. p. 185–201

Rôle de la femme dans la société et dans l’Église : Pour une justice et une réconciliation durables en Afrique
Albertine Tshibilondi Ngoyi p. 203–228

Pratiques de réconciliation au Liban : Un état des lieux
Pamela Chrabieh p. 229–252 

Entre le devoir de pardonner et le droit de ne pas pardonner
Karlijn Demasure et Jean-Guy Nadeau


PAMELA CHRABIEH

Résumé
Bien que les pratiques de réconciliation connaissent une longue histoire au Liban, celles-ci se diversifient à partir des années 1990. Elles constituent un important objet d’étude pour de nombreux académiciens et académiciennes ainsi que chercheurs et chercheuses ; elles sont devenues la cause commune d’une pléthore d’organismes non-gouvernementaux, d’associations civiles, de mouvements sociaux et d’artistes. Le thème de la réconciliation des Libanais et Libanaises sert aussi de cadre pour le discours politique. Cet article présente un état des lieux de ces pratiques en traitant premièrement de la relation de la réconciliation au dialogue interreligieux puis de la relation de la réconciliation à la mémoire nationale. Il présente par la suite certains exemples au sein de la société civile et identifie en conclusion quelques pistes de réflexion.

Abstract
Although reconciliation practices have a long history in Lebanon, they have been diversifying since the 1990s. Furthermore, they have become an important object of study for many scholars and researchers, and the common cause for numerous non-governmental organizations, civic associations, social movements and artists. The theme of reconciliation also serves as a framework for political discourse. This article presents first an overview of these practices by tackling the relationship between reconciliation, interreligious dialogue and national memory. It then highlights some examples found in the Lebanese civil society. It finally suggests some avenues to be explored.

من الحرب إلى التربية على السلام

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With my students – Interreligious field trip at Sheikh Zayed Mosque, Abu Dhabi

الدكتورة باميلا شرابيه

ولدتُ ونشأتُ وقتَ الحرب في لبنان، وقد ساهمت هذه التجربة في تكوين هويّتي، كما هي الحال مع معظم المواطنين اللبنانيّين. ولولا حبّ أهلي وانفتاحهم على الآخر، وخبراتي ودراساتي في الحوار الدينيّ والثقافيّ والإنسانيّ، لكنت من عداد الذين يعيشون في غيتوهات الهويّات المتصارعة – كما وصفها الروائيّ أمين معلوف[1] -، ويؤمنون في الصفحة البيضاء ومنافع فقدان الذاكرة الفرديّة والجماعيّة. قد تعلّمت بناء السلام من خلال فعل السلام وهذا الفعل في الأوساط الرسميّة وغير الرسميّة دفعني إلى إنتاج معرفة عن السلام ومنهج تعليميّ في السياق الجامعيّ.

وفقًا لإيان م. هاريس، تشير التربية على السلام “إلى المعلّمين الذين يدرسون السلام: ما هو عليه، لماذا لا وجود له، وكيفيّة تحقيقه. ويشمل ذلك تدريس تحدّيات تحقيق السلام، وتطوير المهارات  اللاعنفيّة، وتعزيز المواقف السلميّة. إنّ للتربية على السلام أربعة مبادئ رئيسيّة: 1) أنّها تفسّر جذور العنف؛ 2) تعلّم بدائل للعنف؛ 3) السلام نفسه هو عمليّة تختلف وفقًا للسياق. 4) الصراع في كلّ مكان”[2]. في مقال آخر، يشرح هاريس وجهة نظره من خلال القول بأنّ التربية على السلام “تستمدّ من فطرة الإنسان للعيش بسلام مع الآخرين، وتؤكّد القيم السلميّة التي يجب أن يقوم عليها المجتمع، وتمكّن المعلّمين من استخدام مهاراتهم المهنيّة لتعليم طلّابهم على السلام”[3].

وقد أعرّف التربية على السلام بالآتي: تتكوّن هذه التربية من مقاربات تربويّة ضمن منهاج يعتمد في المدارس والجامعات ومبادرات من قبل أفراد وجماعات غير معنيّين في النظام التعليم الرسميّ الخاصّ والعامّ. وتهدف هذه التربية إلى صقل معرفة ثقافة السلام وممارساتها. لا يستطيع المدرّسون فعل الكثير في الصفّ لأجل تخفيف أسباب الحرب الاقتصاديّة والسياسيّة، ولكن يمكنهم أن يساهموا في ضبط العوامل النفسيّة التي تدعم العنف، وفي تفكيك الأحكام المسبقة، وفي تفعيل الحوار وتعزيز الاحترام المتبادل وبناء الجسور بين الفوارق. تولد الحروبُ في العقل البشريّ ومن هنا أهميّة التربية على السلام التي تؤدّي دوراً في تغيير العقليّة، كما جاء في الميثاق التأسيسيّ لليونسكو:”لمّا كانت الحروب تتولّد في عقول البشر، ففي عقولهم يجب أن تُبنى حصون السلام”.[4]

إنّ التربية على السلام في لبنان مدعومة من قبل منظّمات غير حكوميّة، كما من قبل بعضهم في القطاع الفنيّ والثقافيّ، ولبنانيّين في المهجر. وثمّة بعض المبادرات في المدارس مثل نشاطات فنيّة ومخيّمات صيفيّة. وتعتبر التربية على السلام ظاهرة نادرة في الإطار الجامعيّ. هناك استثناءات بحيث يتمّ ربط التربية على السلام بالحوار بين الأديان كما في جامعة القدّيس يوسف. ويتّفق جميع الأفرقاء على ضرورة تعميم ثقافة السلام، خاصّةً في وضع يغيب عنه أيّ مشروع وطنيّ لبناء ذاكرة حرب مشتركة ونشر كتاب تاريخ لبنان موحّد يعتمد في المدارس وكسر حلقة الحرب وبناء سلام مستدام.

وقد بيّنت نتائج أبحاثي في الأوساط الجامعيّة والمدرسيّة في لبنان (٢٠٠٤-٢٠١٤) أنّ الأجيال الصاعدة تحتاج إلى اهتمام خاصّ بصفتها الأجيال التي ترث تجربة العنف وتحوّلها إلى معرفة تاريخيّة مطلقة – وهنا يكمن خطر توظيف التاريخ، هذا الأمر الذي حذر منه المؤرّخ بينجامين ستورا في كتابه عن الاستعمار الفرنسيّ في الجزائر. ففي نظر ستورا، تستعمل أفكار من الماضي من دون إعادة النظر فيها ويتحكّم سياسيّون فيها ويبقون مخيال المجتمع مُرتبطًا بها، ويحافظون إذاً على نمط واحد من هذا المخيال[5]. من هنا يمكن الماضي أن يجمد وسلسلة الانتقام أن تخلّد ضمن أسطورة راسخة. إنّ التربية على السلام تساعد على أن يستوعب الماضي في تعقّده التاريخيّ وعلى توسيع فسحات العيش المشترك وإكثارها.

قد كوّنتُ منهجًا تربويًّا يُعنى بالسلام في كندا ولبنان والإمارات. وقد فعّلت نظريّة بناء السلام من خلال نشاطات مختلفة مثل ورش عمل لحلّ النزاعات، ورحلات ميدانيّة ومشاريع إعلاميّة رقميّة وأعمال فنيّة عن الحرب والسلام ولقاءات حواريّة إلخ. – نشاطات تساهم في عمليّة اختبار الغير المألوف والاحترام المتبادل وإدارة التنوّع[6]. وقد عبّر الكثير من الطلّاب عن اكتسابهم معرفة بديلة في جوّ مؤاتٍ للحوار، ساعدهم على تطوير فكرهم النقديّ واكتساب مهارات الحوار مثل الاستماع النشط وشجّعهم على التعاون. وأكّد طلّاب في لبنان أهميّةَ قبول الآخر والعمل بوجهٍ متضافر للوصول إلى وجهات نظر متقاربة، وقد أصبح أكثر من ١٥٪ من هؤلاء نشطاء من أجل السلام.

من الطبيعيّ أن تتطوّر هذه التربية مع الخبرات المتراكمة وتتنوّع تطبيقاتها بحسب السياق. فالتربية على السلام في كندا تختلف عن التربية في لبنان وأيضاً عن التربية في الإمارات. في الحقيقة، هناك بعض التحدّيات والصعوبات المشتركة لدى المهتمّين بهذا المجال. من هذه التحدّيات: أوّلاً الربط بين المحلّية والعالميّة في تكوين هويّات الطلّاب، وثانياً، أخذ مبادرات وروايات الطلّاب الفرديّة بعين الاعتبار. أمّا عن الصعوبات فتكمن في عدّة قضايا أساسيّة، منها: العقبات السياسيّة والاقتصاديّة؛ والاعتقاد السائد في المجتمع اللبنانيّ أنّ الحرب وسيلة مشروعة من أجل تحقيق مصلحة الوطن والجماعات والأحزاب وحمايتها؛ ومعرفة قليلة بالخيارات والبدائل المتعدّدة لحالة العنف؛  واعتبار السلام حالة مثاليّة، غير واقعيّة؛ والتربية على السلام شأنًا معزولًا وليس خيرًا عامًّا.

* أستاذة علوم الشرق الأوسط في الجامعة الأميركية في دبي؛ باحثة، كاتبة، فنّانة وناشطة اجتماعيّة.

[1] Amin Maalouf, Les identités meurtrières, Grasset, 1998.

[2] Ian M. Harris, “Peace Education Theory”, Journal of Peace Education, Volume 1, Number 1, 2004, p. 6

[3] Ian M. Harris, “Peace Education: Definition, Approaches and Future Directions”, in Peace Studies, Public Policy and Global Security, Volume II, edited by Ursula Oswald Spring, Ada Aharoni, Ralph V. Summy and Robert Charles Elliot, EOLSS Publications, 2010, p. 283.

[4] (in Arabic).  http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002269/226924a.pdf

[5] Benjamin Stora, Algeria, 1830-2000: A Short History, Cornell University Press, 2004.

[6] For more information about my Peace Education approach and activities:https://pamelachrabiehblog.com/my-pedagogy-peace-education/

SOURCE: EL MACHREQ ONLINE – ST JOSEF UNIVERSITY, BEIRUT-LEBANON
http://www.darelmachreq.com/ar/desc-almachreq-cat/284

7th International Conference on Food Studies at Roma Tre University

It was such a pleasure to attend this inspiring gathering of minds and palates, foodies and food studies academics, and be able to share the results of my ongoing research at the American University in Dubai on Teaching and Learning about local cultures and religions through Food and my student’s visceral experiences in the classroom and their food stories.

Pamela Chrabieh Rome 2017 7th Conference on Food Studies

For more information: http://food-studies.com/2017-conference

Voices of Peace from Dubai to Odense. Dr. Pamela Chrabieh presents at Nordic Society for Middle Eastern Studies conference

img_20160922_104818AUD School of Arts and Sciences Associate Professor of Middle Eastern Studies Dr. Pamela Chrabieh attended the 10th Nordic Society for Middle Eastern Studies ‘Formation of Middle Eastern Subjectivities, Cultural Heritage, Global Structures and Local Practices’ conference at the University of Southern Denmark in Odense from September 21-24, 2016.

The Nordic Society is an independent and non-profit association for researchers in the Nordic countries (Denmark, Finland, Sweden and Norway) working on the Middle East and covering subjects in the humanities and social sciences, from antiquity to the present day. The associational conference takes place every third year in one of the four Nordic countries.

In September 2016, the Centre for Contemporary Middle East Studies at the University of Southern Denmark hosted the conference in Odense. “In the past decades, the exploration of the formation of modern subjectivities has developed into a core field of the humanities and social sciences. This strand of research is asking for social practices and codes; it investigates competing bodies of knowledge, social performances and emotions; interprets textual and visual forms of discourse; analyzes the interrelations of social practices with material artifacts and means of communication; observes individual forms of subjectivity as well as the interaction in social fields and classes.”[1]

Dr. Chrabieh presented a paper on the Gulf panel entitled “Voices of Peace through Arts in the UAE: Middle Eastern Studies’ students perceptions of Islam. She introduced the audience to the preliminary results of her ongoing qualitative research at the crossroads of Peace Education, Sciences of Religions and Art History on perceptions of Islam as it relates to Peace by 160 university students enrolled in Middle Eastern Studies courses at the American University in Dubai. The results of this research were compared to those of a previous academic inquiry Dr. Chrabieh conducted from 2007 to 2014 in three Lebanese universities with 3000 students.

According to Dr. Chrabieh, Art has an important role to play in the pursuit of peace, and is an amazing way to channel a sense of collective urgency such as through the Peace Art in Dubai project she implemented at the American University in Dubai. “As a result of various activities – art workshops and events, online exhibition, outdoor agoras -, students have been able to create individual and shared spaces and expressions through various media and art techniques that helped them debunk stereotypes of Islam, better understand each other’s beliefs and practices, and become active agents of peace.”

The Peace Art in Dubai project is an application of Dr. Chrabieh’s Peace Education approach which aims to cultivate the knowledge and practices of a culture of peace. So far, her Peace Art in Dubai blog features more than 160 artworks. She adds, “Students’ positive feedbacks at the end of every semester encouraged me to pursue this project, as well as the recent changes to the federal government ministries in the United Arab Emirates, including the establishment of a Ministry of Tolerance with a clear message calling citizens and expatriates to be agents of peace and to help the government in its task, first internally, and second, in exporting the model outside of the Emirati boundaries. Hopefully these new measures will contribute to call attention to the importance of peace education initiatives already taking place and open the door to the establishment and officialization of peace education programs in schools and universities.

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Policy, Global Citizens and World Peace. Case studies: Lebanon, Canada and the UAE

Assistant Professor of Middle Eastern Studies Dr. Pamela Chrabieh was invited as a special guest speaker to give a lecture entitled “Policy, Global Citizens and World Peace: How can Governments influence policy to create better Global citizens and work towards World Peace? Case studies: Lebanon, Canada and the United Arab Emirates”.

Dr. Chrabieh introduced first her audience to the concepts of policy, glocal citizen instead of global citizen and the peace process as she defined it based on four interdependent dynamics: peacekeeping, peacemaking, peacebuilding and inner peace. She then identified the major core values that drive or should drive Lebanese and Canadian foreign policies such as interreligious dialogue, democracy, human rights and interculturalism. She also tackled the issue of internal policy while focusing on the social-political diversity management systems in Lebanon, Canada and the United Arab Emirates. Dr. Chrabieh concluded with the UAE Ministry of Tolerance as an important example of how peace can be adopted as the organizing frame for governments’ policies.

“Tolerance is one of the major pillars in preserving and expanding peace. Definitely, citizens and expatriates are called to be agents of peace, peace builders, and to help the government in its task, first internally, and second, in exporting the model outside of the Emirati boundaries. Dubai in particular, where hundreds of ethnicities, religious and cultural identities are learning to coexist and more, to live with one another – just like we are trying to do at the American University in Dubai -, where glocal identities are reshaping their belongings and relationships, promises to offer this model to the region, and to the world.”

The Harvard College in Asia Program (HCAP) is an initiative in which Harvard University partners with higher education institutions in Asia to tackle key issues relevant to today’s world of increasing challenges, while simultaneously expanding the cultural and educational horizons of participating student delegates. This year’s Conference theme organized by the HCAP at the American University in Dubai is “Equality, Tolerance and Freedom: the Effect of Culture and Policy on a Globalized World.”

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SOURCE:

AMERICAN UNIVERSITY IN DUBAI NEWS: http://www.aud.edu/news_events/en/view/1164/current_upcoming/policy-global-citizens-and-world-peace