De Beyrouth, Eastline Digital au service du marché francophone du marketing digital

Basée à Beyrouth depuis 2006, Eastline Digital est la première agence indépendante fondée au Liban dédiée au marketing digital, et une des pionnières dans les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. L’agence est lauréate de plus de 42 prix locaux et internationaux, et compte dans son portfolio plus de 550 clients dans 32 pays, dont les pays francophones.
 
Un projet récent est celui de MV Santé Vision, leader de la chirurgie réfractive en Suisse Romande. Grâce à une stratégie de communication digitale développée sur mesure laquelle se révèle être progressivement un ajout capital aux dispositifs de communication de cette entreprise, Eastline Digital lui assure une visibilité digitale optimale, un ciblage plus pertinent du public romand, et lui offre des services innovants de promotion, de sensibilisation, d’information, d’interaction, d’engagement et de conversion.
 
Le marketing digital est en pleine expansion dans le monde francophone. Nombreuses sont les entreprises françaises, québécoises, belges, suisses et autres qui trouvent nécessaire et même obligatoire de mener des stratégies et des actions de marketing digital afin d’être compétitives sur le marché francophone. La langue française est notamment de rigueur et les lignes éditoriales s’adaptent aux tournures de phrases, accents et cultures de chaque milieu. En effet, pour MV Santé Vision, la création de contenu écrit requiert une localisation linguistique et culturelle pour chaque post sur les réseaux sociaux. Utiliser ’10/10′ au lieu de ’20/20′ et ‘santé de la vision’ au lieu de ‘santé visuelle’ ne sont que deux exemples parmi tant d’autres expressions à utiliser en contexte romand.
 
Eastline Digital œuvre dans ce sens, en offrant des services professionnels, complets, éthiques, innovants, rentables et de qualité exceptionnelle en français contextualisé dans les domaines du marketing des médias sociaux, du référencement payant (SEA), de l’optimisation des moteurs de recherche, de la publicité en ligne et du marketing d’influence (e-PR). En outre, Eastline Digital assure une compréhension holistique de chaque marque, de l’industrie ciblée et de la concurrence en son sein.
 
Grâce à cette compréhension, à une expérience solide, à la diversité des talents et à une expertise pointue, Eastline Digital crée des espaces de communication et d’action-réponse mesurables favorisant l’engagement, le dialogue, la conversion et la fidélité, et aide ainsi les marques à se démarquer de la masse, à devenir des pôles de référence dans un environnement numérique en évolution continue, et à atteindre les objectifs commerciaux requis.
 
L’entreprise ou l’organisation qui survit est celle dont l’offre est à la hauteur des promesses publicitaires, et qui sait mettre en avant ses produits, services et compétences grâce à un partenariat fiable avec une agence capable de contribuer à la valorisation de son image de marque et à sa pérennité, ainsi qu’à la satisfaction de ses clients. Un des objectifs majeurs d’EastlineDigital est notamment d’adopter et d’adapter une stratégie marketing centrée sur le client/consommateur et focalisée sur les segments clients à forte valeur ajoutée, vu qu’actuellement, l’avis subjectif du client/consommateur sur un produit ou un service, l’identification des opportunités de croissance et le retour sur investissement positif comptent autant – si ce n’est plus – que les caractéristiques intrinsèques liées au produit/service.
 
L’entreprise ou l’organisation qui n’est pas centrée sur le client/consommateur court le risque de voir celui-ci rejoindre des concurrents offrant des produits/services similaires et de meilleures expériences d’achat. De là l’importance de créer une expérience unique pour le client/consommateur et d’opter pour le partenaire expert en marketing digital qui contribue à la proposer. Il n’est pas rare de voir des entreprises s’occuper elles-mêmes de la communication digitale, mais beaucoup n’ont ni les connaissances, ni le temps ou l’expérience nécessaires pour définir une stratégie adéquate, choisir les bons supports et mettre en oeuvre les moyens d’atteindre leurs objectifs. Elles font donc appel à des agences spécialisées.
 
Faites le bon choix… Contactez Eastline Digital !
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Ce post fut rédigé par Dr. Pamela Chrabieh et publié sur le site d’Eastline Digital le 26 juillet 2018.

Les traces invisibles de la guerre du Liban

Le journaliste et chercheur Emmanuel Haddad m’a interviewée à propos de la blogosphère libanaise avant et après les combats de 2006 au Liban, et de la mémoire de la guerre. Voici un passage de l’entrevue publié dans son article ‘Les traces invisibles de la guerre du Liban’ lequel est disponible sur le site Sept.info (plate-forme Suisse de journalisme en ligne qui se concentre sur le fond, l’analyse et le journalisme d’investigation):

“Pamela Chrabieh se souvient du choc provoqué par la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah: «Bien des personnes, dont moi-même, avions cru pendant un moment que le Liban allait mieux. Mais les combats de 2006 nous ont réveillés en quelque sorte. Nous nous sommes rendu compte de l’ampleur des divisions internes qui perduraient, de l’effet dévastateur de la guerre physique sur les traumatismes et plus encore, de celui de l’oubli du passé ou du manque de mémoire constructive, qui a laissé la place aux mémoires conflictuelles.». Face aux bombardements israéliens de 2006, certains Libanais se montrent résilients. «Cette fois, il fallait absolument témoigner de ce qui se passait avec sons, images et paroles. Il fallait élever la voix, la porter plus loin. Tout ça pour ne pas oublier, pour ne pas devenir les oubliés de l’histoire», analyse Pamela Chrabieh auteure d’un chapitre de livre sur la blogosphère libanaise dans le recueil Mémoires de guerres au Liban, 1975-1990″ [Sous la direction de Franck Mermier et Christophe Varin; Co-édition Actes-Sud / Sindbad – Institut Français du Proche-Orient].

POUR LIRE L’ARTICLE: http://www.sept.info/traces-invisibles-de-guerre-liban-33/

 

Pourquoi bloguer?

Mon article paru ce matin dans l’Orient-le-Jour, Beyrouth.

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Je fais partie de ce qu’on nommerait aujourd’hui les dinosaures du blogging libanais. Lorsque j’utilisais le blog pour la première fois entre 2005 et 2006, nous étions une poignée d’internautes qui essayaient de nouvelles plates-formes telle « Blogspot » de Google. Ces années charnières dans l’histoire contemporaine du Liban furent, d’une part, marquées par des assassinats et les combats de 2006 et, d’autre part, par un accès plus facile à l’Internet avec un taux de pénétration en croissance continue. L’été 2006 vit l’explosion de la blogosphère libanaise et la première « bloguerre » mondiale entre les Libanais et les Israéliens. La guerre, la mémoire de la guerre et la construction de la paix faisaient partie des thèmes de choix de la plupart des blogueurs-ses de l’époque, dont moi-même.
Pourtant, la mise en discours de la guerre n’est pas chose nouvelle. Elle a lieu depuis des décennies. Il n’y a qu’à penser aux perspectives de certaines personnalités religieuses, politiques et intellectuelles, ainsi qu’aux productions artistiques dès les années 90, et aux activités de certains organismes non gouvernementaux, d’associations civiles et de groupes de dialogue islamo-chrétien luttant pour la convivialité. Toutefois, après avoir cru à l’existence d’une période qualifiée de « postguerre », mes collègues et moi-même étions rendu compte dès 2005 de l’ampleur des divisions internes lesquelles perduraient, de la guerre psychologique qui alimentait continuellement la guerre physique, et de l’effet dévastateur tant de l’hypomnésie que des mémoires conflictuelles en mode « hypermnésique ». Cette fois, il fallait absolument témoigner de ce qui se passait avec sons, images et paroles, élever la voix et la porter plus loin, pour ne pas oublier et pour ne pas devenir les oubliés de l’histoire. Avec l’été 2006, la mise en mémoire devint une entreprise démocratisée (democratized), diversifiée, exponentielle, voire virale (viral). Les espaces publics comme lieux de médiation entre les pouvoirs étatiques et les citoyens s’élargirent, favorisant une participation beaucoup plus active qu’auparavant, des dynamiques alternatives moins hiérarchisées, une meilleure visibilité aux diverses expressions d’individus et de collectivités, et la construction de liens transnationaux. Avec le blog, les contraintes des médias traditionnels de la censure étaient contournées et de nouveaux modes de sociabilité se mettaient en place pour contribuer à redéfinir la configuration du paysage sociopolitique, religieux et économique.
Dix ans plus tard, la plupart des blogueurs-ses libanais(es) publient des articles aux couleurs et senteurs variées, de la mode à la cuisine, en passant par la politique régionale, les arts et les carnets de voyage, et couplent le blog à Facebook, Twitter, Instagram et Cie. En faisant le tour de la blogosphère locale et diasporique actuelle, dont la plate-forme lebaneseblogs.com laquelle rassemble les blogs les plus en vogue, des « fashionistas » et « food bloggers » aux gourous autoproclamés, on se rend compte qu’il y a plusieurs façons de répondre à la question « Pourquoi bloguer en tant que libanais(es) ? » :
pour influencer, vendre, informer, « réseauter », apprendre, se définir, être vu, communiquer, provoquer, juger… Des fonctions certes de toute actualité virtuelle, mais qu’en est-il de celle du ressouvenir ?
Dans un Liban toujours en guerre, le blog devrait, à mon avis, contribuer à en briser le cercle vicieux, notamment en promouvant la construction de mémoires conviviales. Ces mémoires garantiraient la naissance d’une mémoire nationale sur la base de laquelle l’histoire contemporaine locale serait revisitée et transmise aux futures générations, et l’identité libanaise pourrait enfin passer d’une identité largement en conflit vers une identité « dialogale ». Sans mémoire, pas d’histoire, sans histoire, pas d’identité, et sans identité, la paix ne peut advenir. Le devoir de mémoire est donc de prendre acte que l’histoire du Liban des années 70 et 80 est bien la nôtre, que celle d’avant – remontant à des centaines et milliers d’années – est bien la nôtre, que celle de 2006 est la nôtre, que toutes sortes de crises dont celle des déchets et la crise présidentielle sont les nôtres, et que finalement, toutes se rejoignent avec leur lot de discontinuités et paradoxes, dans ce qu’elles ont de lumineux comme (et surtout) dans leurs aspects les plus sombres.
Le devoir de mémoire sur la toile et notamment sur la blogosphère est plus que jamais crucial pour faire face à la montée des extrémismes et pour établir une meilleure gestion de la diversité au Liban. En fait, le devoir de mémoire devrait être le fer de lance du blogging libanais et des médias sociaux, et tel que le définit le philosophe Paul Ricœur, une sorte de mémoire obligée, une injonction à se souvenir qui ne peut se comprendre que par rapport aux événements horribles auxquels il fait référence, et qui n’a de sens que par rapport à la difficulté ressentie par les individus et les communautés blessés du corps politique, à faire mémoire de ces événements de manière apaisée. Ce devoir de mémoire ne devrait toutefois en aucun cas devenir un culte, être inconditionnellement célébré, conduisant à la subordination du présent au passé, ni l’emporter sur la connaissance explicite et sur la raison qui font la citoyenneté libanaise. Dans cette perspective, bloguer serait équivalent à être témoin de l’histoire, éclairant sa marche, intervenant dans les enjeux de mémoire et contribuant à enrichir la mémoire collective, non à se l’accaparer et l’élever en vérité ultime. Bloguer pour compenser le trop-plein de mémoire (ou pacifier les conflits de mémoire) et ses paradoxes, le devoir d’oubli ou l’amnésie volontaire, le déni et le présentisme.

Dr Pamela CHRABIEH

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2015-12-15 08.41.09

SOURCE: L’ORIENT-LE-JOUR (SECTION ‘NOS LECTEURS ONT LA PAROLE’, 15-12-2015)