Dar al-Kalima organise un atelier sur l’art et la citoyenneté au Liban (L’Orient-le-Jour)

Un plaisir d’organiser cet atelier avec ma collègue Roula Salibi pour Dar al-Kalima. Parution de l’annonce dans l’Orient-le-Jour, 4 décembre 2021.

AGENDA – ÉVÉNEMENT

L’université Dar al-Kalima (Bethléem, Palestine) et l’ONG Dar al-Kalima/programme Nabad (nabad.art) au Liban organisent un atelier d’une journée sur l’art et la citoyenneté, le 16 décembre 2021, à l’hôtel Bossa Nova de Sin el-Fil.

Face à la situation actuelle du pays, il est urgent de définir des projets qui aideront à former des citoyens et citoyennes aptes à vivre ensemble, à se construire une identité unie dans la diversité, de même qu’une société inclusive. En ce sens, l’art et la culture constituent des routes privilégiées. Malheureusement, elles ne sont pas souvent empruntées ou sont qualifiées de secondaires. D’où l’importance de la déconstruction de savoirs sclérosés concernant tant l’art que la citoyenneté, car si l’art a servi et sert encore la propagande politique, il est aussi, comme l’affirme Picasso, « un instrument de guerre » contre la tyrannie. Il est surtout un éveilleur de conscience et une plateforme de choix pour l’éducation à la citoyenneté. L’art fait d’ailleurs éclater les idées reçues : il aide à réconcilier les individus et les communautés, à guérir les blessures aussi. C’est dans cette perspective que se situe l’atelier du 16 décembre courant. Un atelier parmi trois initiatives (Beyrouth, Amman, Gaza) qui accompagnent la 23e conférence internationale de Dar al-Kalima sur l’art et la citoyenneté prévue à Bethléem les 15 et 16 décembre 2021. Avec pour objectif, notamment, de promouvoir l’avènement de sociétés inclusives en Asie du Sud-Ouest.

Plusieurs questions seront abordées par des artistes et des représentants d’entreprises créatives et d’organisations d’art. Comment les initiatives artistiques locales et de la diaspora peuvent-elles avoir un impact plus important compte tenu des défis actuels – crise économique, troubles politiques et injustice sociale ?Quels sont les besoins des individus, des groupes et des associations qui réinventent les notions traditionnelles de création artistique et contribuent au développement de leur société à travers le pouvoir transformateur de leurs capacités artistiques ou par un engagement social proactif ? Et quelles sont les pistes permettant d’aller de l’avant ? Pour plus d’informations, contactez Nabad/Dar al-Kalima au Liban par courriel :

art.nabad@gmail.com

Lire l’article dans l’Orient-le-Jour

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1283654/dar-al-kalima-organise-un-atelier-sur-lart-et-la-citoyennete-au-liban.html

Lancement de l’ouvrage “Beyrouth Mon Amour. 4 août 2020 18h07”.

Heureuse d’avoir contribué à cet ouvrage sur Beyrouth. Merci Bélinda Béatrice Ibrahim et félicitations!

Je partage ci-dessous le communiqué de presse:

Beyrouth Mon Amour
4 août 2020 18 h 07
Ouvrage collectif sous la direction de Bélinda IBRAHIM
Préface de Gérard BEJJANI
Participation audio exceptionnelle de Mme Fanny ARDANT.

Une tragédie telle l’explosion du 4 août ne se donne pas à voir, elle se vit.
Profondément elle pénètre la peau, comme le jour du drame, elle a investi les âmes de Beyrouth. Elle ne se feuillette pas comme un album photo, mais elle imprime les yeux de spectres et de sang. Il y a autant de récits du drame que de victimes ;
Il y a autant de miracles que de survivants.
Comme un miroir brisé, l’explosion de Beyrouth se démultiplie dans nos têtes.
Elle hante nos rêves et distord nos réalités.
Le temps trébuche puis s’arrête, pour converger vers le seul jour de la comparution, où seront jugés les criminels, où peut-être s’apaisera notre colère.
Ce jour-là ne sera ni celui de l’oubli ni celui du pardon. Il verra la lente suture des blessures et le début de la cohabitation avec nos cicatrices.
Cet ouvrage est le fruit d’un travail collectif. Une chaîne d’entraide formidable, née de l’urgence de libérer la parole et d’exorciser la douleur.
C’est pourquoi sa mise en page est simple et sobre, retranchée dans la pudeur qui suit l’outrage. Aucune recherche de sensationnel et encore moins de reconnaissance ne viendra entacher les intentions de ses contributeurs.

Cinquante-six auteurs ont livré leur témoignage écrit et vingt-huit artistes ont saisi par des photographies, des peintures et des dessins cet instant funeste qui a détruit une ville et saccagé des vies.

Cet ouvrage a pu voir le jour grâce à la générosité de mécènes anonymes et d’autres nominatifs qui ont assuré le financement des frais de production et d’impression. Tout en offrant un espace cathartique à nos artistes, ils soutiennent le travail titanesque de six ONG qui œuvrent depuis le 4 août, 18 h 07, sur le terrain.

L’ouvrage sera lancé en présence des contributeurs et de la presse, le mercredi 28 octobre de 16 h 30 à 18 h 30, dans les jardins du palais Sursock-Cohrane, dans ce lieu qui symbolise à lui seul, les ravages subis par le Patrimoine libanais.

L’ouvrage sera disponible à la vente le jour du lancement et dès samedi 31 octobre au prix de 150 000 LL dans les branches (hors-mall) de la Librairie Antoine qui a gracieusement offert son réseau de distribution, ainsi qu’auprès des points de collecte suivants, le Kudeta à Badaro et la Casa Lounge , Avenue de l’Indépendance.

Il sera également disponible à l’achat en broché à l’étranger au Canada et les USA dans quelques jours sur : bouquinbec.ca (Impression sur demande)
Et en France pour la France et l’Europe sur : pumbo.fr (Impression sur demande)

Les recettes iront à 6 ONG actives sur le terrain à Beyrouth:
Afel Liban AL MAJAL Live Love Beirut Expertise Erasmus arcenciel.aec et Faire Face Cancer

Le Liban, un foyer de dialogue… Est-ce une utopie?

Dr. Pamela Chrabieh

Le Liban, un foyer de dialogue… Est-ce une utopie? Si en tant que peuple nous abandonnons ce rêve alors oui… En dépit de nos souffrances et mémoires meurtries, nous ne pouvons pas nous résigner. Il va falloir continuer à faire scintiller nos lumières, tant individuellement que collectivement. Un peuple qui lutte ne meurt pas!
الشعب الذي يكافح ويقاوم من أجل تقرير مصيره لا يموت.

Liban, avons-nous perdu notre dernière chance?

Le conseil des ministres et une poignée de députés ont démissionné suite au cataclysme de Beyrouth, alors que les mêmes mafias et seigneurs de la guerre s’accaparent le pouvoir.

Justice doit être faite, et les pires châtiments doivent être infligés à ces odieux tyrans, nérons, sangsues, sanguinaires, inhumains, ces lucifers qui mentent impunément et qui se cachent derrière et instrumentalisent les “légitimes” souffrances de centaines de milliers d’humains qui ne méritent pas l’hécatombe. 

Mais comment cette justice adviendra-t-elle lorsque d’une part, des citoyens-nes expriment leur souffrance, leur compassion, leur convivialité, leur courage, et leur espoir en un meilleur lendemain en balayant les débris, en venant en aide aux sinistrés, en recherchant les disparus, en manifestant dans les places publiques, en témoignant pour la justice et la paix, etc.; et d’autres demeurent adeptes de la violence, et sont prêts à exterminer virtuellement et physiquement ceux qui opposent leurs zaims? Comment cette justice – et ainsi mémoire et histoire – adviendra-t-elle, lorsque “l’autre” n’est plus adversaire occasionnel, mais ennemi de nature qu’il faudrait éradiquer? 

Mes larmes coulent à la vue de la division des Libanais-es, à la vue du sang qui coule, des gaz lacrymogènes, et des cris des familles des victimes, à la vue des luttes au corps à corps et de la montée aux extrêmes. 

J’avais encore un brin d’espoir que le crime ultime, ce crime contre l’humanité qui eut lieu le 4 août, puisse rassembler tous les Libanais-es autour d’une action commune, un projet commun, du moins une colère commune face à des dirigeants qui n’ont fait que couler le titanic et ouvert les portes de l’enfer.

Cet espoir n’existe plus… Car pire que les dirigeants despotiques est un peuple sclérosé. Et tant qu’une partie du peuple ne tolère que la servitude, la corruption et le meurtre, nous ne pourrons faire et écrire librement notre histoire. Nous serons condamnés à revivre un passé sanglant, et nous ne créerons que des présents et avenirs apocalyptiques. 

Nous avions une dernière chance pour nous unir dans notre diversité, pour nous rencontrer là où la politique divise pour justement transcender cette division. L’avons-nous perdue? 

Explosions meurtrières à Beyrouth : «On dirait la bataille de Stalingrad» – Entrevue avec Le Parisien

Merci Louise Colcombet pour l’entrevue:

(…) “A une dizaine de kilomètres du port, dans le village où elle se trouve à 400 mètres d’altitude, Pamela Chrabieh, 43 ans, a elle aussi pu voir distinctement le panache de fumée monter dans le ciel de la capitale libanaise. « Même à 400 m d’altitude, nous avons ressenti la déflagration : d’abord un tremblement de terre pendant une dizaine de secondes, puis une énorme explosion. Je n’avais jamais rien entendu de tel, même pendant la guerre », raconte cette consultante en communication, dont beaucoup d’amis et la belle-mère de sa sœur ont été blessés. Sa priorité, désormais : trouver des biens de première nécessité. « Avec le port dans cet état, il y a un vrai risque de pénurie. Ce soir, déjà, nous avons eu du mal à trouver du pain, les boulangeries sont dévalisées… Et on craint vraiment une famine pour une grande partie de la population, dont la proportion de pauvres est désormais de 75 %. » La quadragénaire compte se réfugier dès mercredi dans un autre village, plus éloigné. « Les autorités ont alerté sur les émanations nocives qui se dégagent du port, ils demandent de fermer les fenêtres, c’est très préoccupant. »

SOURCE: LEPARISIEN.FR – 4 AOUT 2020