لدينا لبناننا، لبنان للجميع

لدينا الارادة والحلم والوسائل السلمية.
لدينا الذهنية اللاعنفية والعيش المشترك.
لدينا خبرات وقدرات وإمكانيات القيادة في كافة المجالات.
لدينا الإبداع والمقاومة الثقافية.
لدينا لبناننا، لبنان للجميع.

لبنان_ينتفض

Day 10 #lebanon #revolution Martyrs’ Square, Beirut

لا للحرب ولا للنظام… اريد لبنان للجميع

انا جزء مما يسمى “جيل الحرب”. لقد ولدت وترعرعت في حرب السبعينيات والثمانينيات من القرن الماضي. لقد شهدت إراقة دماء ونجوت من القناصة والقنابل. أصبحت ناشطة سلام عندما كنت مراهقة وأقسمت أنني سأكرس حياتي للمساهمة في إنهاء الحرب. لقد ناضلت من أجل ثقافة السلام من خلال التعليم والفن والكتابة والنشاط الاجتماعي في لبنان والخارج، وسأواصل القيام بذلك ، بشكل فردي ومع الآخرين.

ما شهدناه في آخر 9 أيام في لبنان هو ظاهرة فريدة. أكثر من ثلث السكان يتجمعون ضد نظام فاسد يمثل أحد الأسباب الرئيسية للأزمات الاجتماعية والاقتصادية. ظاهرة فريدة من نوعها بسبب لامركزيتها، عفويتها ومصداقيتها. فريدة من نوعها لتعدد الأجيال والهويات الاجتماعية والثقافية. فريدة من نوعها بسبب تضامن خلاق بين وعبر الاختلافات.

من المؤكد أن هناك مجموعات وقوى محلية وإقليمية ودولية تستغل إيمان الناس ورؤاهم وأحلامهم وثوراتهم وانتفاضاتهم في جميع السياقات، بما في ذلك في لبنان، لكن هذا لا يعني أن تطلعات وممارسات الناس المتنوعة نحو لبنان أفضل باطلة، غير مجدية او مأجورة.

لا أريد حرباً أهلية ولا نظام طائفي.
لا أريد فراغًا سياسيًا ، ولا أمراء الحرب والسياسيين الفاسدين.
لا أريد الزواج بين الدين والسياسة ولا التخلص من الناس الذين لديهم إنتماء ديني.
لا أريد تلويث العقول وبيئتنا. و لا أريد الامساواة في الحقوق والفرص.
لا أريد مجتمعًا منقسمًا بين 8 و 14 آذار ، ولا بين مؤيد وضد ثورة.
لا أريد مجتمعًا قائمًا على التفرد ولا على الاقصاء.


أريد أن أعيش في مجتمع متحد في تنوعه.
أريد أن أعيش في سلام وأريد أن يعيش اللبنانيون من جميع الخلفيات والأجيال في سلام مع بعضهم البعض. اريد ان اعيش في لبنان لي، لك، لنا ولكم.

اريد لبنان للجميع.

Intifada au Liban: le changement pour le meilleur est un rêve à la portée du peuple !

1- A ceux et celles qui clament que les alternatives au système socio-politique actuel n’existent pas et que la chute du gouvernement et celle du parlement entraîneraient le pays en enfer, ou du moins dans un “vide”, voici ce que j’en pense – et bien d’autres aussi -: l’enfer, on y est déjà depuis belle lurette (nous vivons dans une société en guerre, et non en état de post-guerre), et les alternatives existent, ainsi que les ressources humaines qualifiées. Il suffit de puiser dans les innombrables visions, discours, rapports, publications et productions d’académiciens du Liban et de la diaspora, d’ONGs locales, de nouveaux partis politiques séculiers, d’intellectuels, d’artistes, de politologues et juristes indépendants, d’historiens, d’experts de la chose politique, etc. Nous ne manquons ni de projets socio-politiques, économiques et environnementaux, ni de créativité, d’expertise ou de volonté.

2- Le « pouvoir du peuple » signifie non seulement que seul le peuple (uni dans sa diversité d’appartenances et d’identités) soit source légitime du pouvoir, mais que de surcroît, il soit seul habilité à exercer ce pouvoir. Comment ? Relire mon premier point.

3 – Ces premiers 5 jours de manifestations massives à travers le Liban, uniques dans l’histoire contemporaine de ce pays, constituent une première étape d’une  révolution par le bas qu’il est honteux de dénigrer ou de définir uniquement sous le label “social”. La charge politique des protestations ne peut être niée. Les slogans anti-régime, anti-système et anti-corruption sont nombreux. Les revendications ne se cantonnent pas au registre socioprofessionnel. Les contestataires  de toutes générations expriment leur refus du clientélisme d’Etat qui a consisté pendant de très nombreuses années (et encore aujourd’hui) à acheter “la paix” contre des mesures sociales précaires et temporaires.

4- Chez les partisans du changement, on ne recense pas exclusivement des militants issus de l’extrême gauche, des opposants au régime actuel, des personnes issues des classes socio-économiques pauvre et moyenne, mais aussi des bourgeois et des « éléments tièdes », pour ne pas dire des résistants de la dernière heure. Les positions ne sont donc pas tranchées et il est probable que les rapports de force et les « lignes d’alliance » évoluent dans les prochaines semaines.

5 – Ce qui se trame depuis quelques jours au Liban  n’est pas le dernier cri d’un peuple malade, ni une “rave party”. Il s’agit d’une intifada populaire multiforme, décentralisée et certainement non-violente, utilisant les méthodes contemporaines de protestation, tant physiques que virtuelles, culturelles, etc. Un nouvel horizon d’attente pour les populations soumises au joug de la dictature, des seigneurs de la guerre et des mafieux…

Même s’il faut se garder de faire des prophéties, cette intifada représente une espérance pour une grande partie des citoyens du Liban longtemps résignés par une situation d’impuissance politique et une attitude attentiste. Ils savent désormais que le changement pour le meilleur est un rêve à leur portée !

Artist Pamela Chrabieh’s “Peace Collection” in Indelible Dubai

I was born and raised in the 1970s-1980s war in Lebanon. My experience as a war survivor has marked my writing and art, as has fueld my quest for peace. As I see it, peace is not only about ceasefires, the end of bloodshed, the absence of hostilities, and a state of mutual concord between governments, as war is both “physical” and “psychological”. Peace is about accountability for violence, openness, generosity, clemency, and catharsis. Peace is and should be a transformation process within mindsets, a celebration of interconnected life and unity in the diversity of complex identities. As long as the legacy of violence is not addressed within ourselves and our societies, we will remain lost, cut off from connection, living in a never-ending apocalypse of carnages and tortured souls and bodies.

Dr. Pamela Chrabieh is a scholar, writer, visual artist, and activist. Author of several books and papers with a 20+ year experience in higher education, communication, content creation, and the arts, she has exhibited her artworks in Canada, Lebanon, the United Arab Emirates and Italy. Previously Associate Professor of Middle Eastern Studies at the American University in Dubai, she currently owns and manages a Beirut-based company offering expertise in Learning and Communication. 
http://pamelachrabiehblog.com and http://spnc.co

Source: Indelible

Appel à une médecine d’urgence au Liban

“L’interdiction du concert de Mashrou’ Leila et la polémique qui fait rage depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux m’ont fait penser aux écrits de Mohammad Arkoun, éminent érudit algérien qui remit en question la cristallisation de plusieurs types de discours, notamment religieux.

Arkoun plaidait pour une pratique intellectuelle libre et libératrice, dans une perspective de dégagée des postulats dogmatiques, ce qui malheureusement est devenu une denrée rare au Liban.

En effet, face à la montée des fanatismes, l’exacerbation des identités meurtrières, le recul des libertés, la sacralisation de la politique et la radicalisation des discours et pratiques, on ne peut qu’appeler à promouvoir cette pensée en tant que médecine d’urgence : une pensée humaniste, ouverte au semblable et au différent, conviviale, incitant à l’écoute mutuelle, au respect et à la désinstrumentalisation du religieux lorsqu’il est à la merci – souvent de façon outrancière – des manipulations idéologiques.

Cette pensée aiderait une partie des Libanais à désapprendre ce qu’ils ont appris suite à des décennies de guerres et de propagation de la peur de l’autre. Désapprendre est un processus et une éducation visant la sortie du système d’exclusion mutuelle, en appliquant l’exercice de la « subversion », qui n’est nullement une destruction ou un rejet, mais qui essaye de comprendre le pourquoi et le comment des choses, de problématiser le canevas épistémologique articulant chaque discours et/ou expression (religieux, politique, littéraire, artistique, etc.).

N’est-il pas temps, en effet, de déconstruire – lorsqu’il le faut – les systèmes de construction du savoir prétendant détenir « la vérité » et offrir des effets de sens ? Et de poser les questions suivantes : jusqu’à quel point les Libanais sont-ils conscients des dimensions idéologiques de leurs discours et de leurs actions ? Quelles structures cognitives emploient-ils dans le but d’interpréter « leurs religions » ? Jusqu’à quel point développent-ils une relation critique entre leur passé et leur présent afin d’avoir un meilleur contrôle sur le futur, et comment cette relation pourrait-elle être effective et créatrice ?

En d’autres termes, nous avons besoin d’une archéologie de discours sédimentés et d’évidences sclérosées, afin de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproques l’exigence d’une solidarité – voire d’une interpénétration –, en vue de l’exorcisation de la crainte de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs, et afin de dépasser les systèmes de production du savoir, qu’ils soient religieux ou non, qui tentent d’ériger le local, l’historique contingent, l’expérience particulière en universel, en « transcendantal », en « sacré irréductible ».

L’objectif n’est pas de dévaloriser les religions ni les appartenances religieuses, mais d’y puiser ce qui pourrait favoriser l’éclosion de lectures et de pratiques renouvelées de la gestion des diversités au Liban, tout en opérant une ouverture aux discours et pratiques non religieux.

De ce fait, nous sommes appelés à nous engager dans le terrain de la complexité identitaire, à dépasser les frontières dites immuables entre individus et communautés, à sortir des ghettos, à être à l’écoute des attentes et des aspirations de toutes les composantes de la société, à transformer le regard sur l’autre afin qu’il soit dénué de tout projet d’autojustification et le regard sur soi-même pour qu’il ne se complaise pas dans des poncifs convenus”.

Dr. Pamela Chrabieh

L’Orient-le-Jour, Beyrouth, 01/08/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1181145/appel-a-une-medecine-durgence-au-liban.html

Pop Culture and Social Media in the Arab World

I was interviewed by Terrance Mintner about Pop Culture and Social Media in the Arab World. Here are excerpts of the interview: 

Dr. Pamela Chrabieh, a Beirut-based writer and activist, told The Media Line that young people in the Arab world are using Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, WhatsApp and Snapchat at an increasingly faster rate despite government controls and restrictions.

“Several studies conducted in the last decade have shown that pop culture and social media have helped Arab youth express and promote alternative political and social discourses and practices to the ‘official, normative, and institutional’ ones,” she said.

Although social media offers opportunities for creative expression and interaction, Chrabieh explained, there are many young people who must use these mediums while constantly negotiating complex and layered pressures to maintain online identities that meet the expectations of their societies, especially in the Gulf region.

“Fageeh’s work [generating online videos, for example] is one of many initiatives in the Arab world that addresses social and political issues. In fact, there has been an explosion of artistic and cultural productions since the 2000s in the forms of music, poetry, theater, graffiti, movies, etc.,” Dr. Chrabieh noted.

“There are of course cultural icons or ‘figureheads’ but we are witnessing the rise and proliferation of cultural democratization and transnational cultures [global cultures], especially when it comes to street art, videos and digital expression.”

Popular culture in the Arab world should not be viewed as byproduct of the Arab Spring, she explained. Even before the uprisings, it played a significant role in creating social and political transformations in response to what she termed “Ottoman and European colonialization.

“Lastly, it is hard to characterize Arab pop culture as one category given the diverse political institutions, regional history and the many different discourses about identity. Nevertheless, popular culture can help make sense of this complexity.”

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