Art et citoyenneté à Beyrouth : atelier Dar al-Kalima (Agenda Culturel)

Cet article est paru dans Agenda Culturel, 18-12-2021

L’Université Dar al-Kalima (Bethléem – Palestine) a organisé un atelier d’art sur l’art et la citoyenneté à l’hôtel Bossa Nova le 16 décembre 2021 en coopération avec l’Association Dar al-Kalima pour les arts et la culture et son programme (nabad.art) au Liban. Cet atelier s’est tenu conjointement avec un second à Amman en coopération avec l’Institut royal d’études religieuses, et un troisième à Gaza. Ces ateliers ont accompagné la 23e conférence internationale de Dar al-Kalima sur l’art et la citoyenneté à Bethléem les 15 et 16 décembre. Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la célébration de “Bethléem capitale de la culture arabe”, ainsi que dans la continuité des recommandations de la conférence internationale de l’Université de Dar al-Kalima «Citoyenneté active: vers des sociétés pluralistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

Les participants à l’atelier de Beyrouth se sont concentrés sur les approches et les pratiques artistiques et culturelles locales et régionales, ont évalué les besoins actuels tels que la démocratisation de l’art, l’art-thérapie, la production locale, la solidarité sociale et la coopération régionale, ont identifié les défis et les obstacles politiques, économiques et sécuritaires, et ont suggéré des voies à suivre pour faire advenir des changements sociaux et politiques à travers l’art.

Les participants, dont des artistes, des universitaires et des activistes, ont présenté diverses méthodologies et stratégies en art social et politique qui prouvent que l’art n’est pas un luxe mais un pilier et un outil essentiels pour construire des sociétés inclusives aux fins du développement durable, “pour assurer l’accès de tous à la justice, et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes” (objectif de développement durable 16, Nations Unies).

L’atelier inclut en premier l’introduction de Dr Pamela Chrabieh, Présidente de l’Association Dar al-Kalima pour les arts et la culture au Liban, et de Mme Roula Salibi, Vice-Présidente de l’association; suivie par les exposés de Mme Ingrid Khoury (graphiste, Université Dar al-Kalima), Dr. Roula-Maria Dib (Professeure universitaire, poète et fondatrice du Magazine Indelible pour les arts et la culture à Dubai), Mr Cyril Badaoui (chercheur en droit, consultant, activiste, et fondateur et président de l’organisation A+Initiatives et du groupe Achrafieh), Mme Gaia Maria Njeim et Mr. Wael Jupiter Bou Zerdan (membres du groupe culturel Minal Shaab), Dr. Lena Kelekian (artiste-peintre, restauratrice d’icônes, et présidente de l’Association Meadows), l’architecte Hagop Sulahian (co-fondateur de l’Association Meadows), Mme Nada Raphael (artiste, photographe, cinéaste et co-fondatrice du projet social Tourleb), Mme Joelle Sfeir (écrivaine et co-fondatrice de Tourleb), Mme Manar Ali Hassan (artiste multidisciplinaire, graphiste et fondatrice du groupe Let’s talk arts – Lebanon), Mme Joyce Samaha (céramiste et fondatrice de Earthing Ceramics Studio), M. Elie Kesrouani (designer du jeu Wasta, écrivain et fondateur du Onboard Cultural Cafe) et Mme Nadine Mneimneh (créatrice de mode).

Il est à noter que le programme Nabad vise à aider des artistes et des institutions créatives en soutenant les activités et les initiatives locales et régionales, et en créant des réseaux de collaboration. Nabad a pu soutenir plus de 120 artistes et associations au Liban depuis novembre 2020.  

Sans l’art, on tue notre envie de vivre (ici-Beyrouth)

Cet article est paru dans ici-Beyrouth, 4 Dec. 2021

La crise multiforme qui marque le quotidien des Libanais pousse beaucoup à croire que l’art est un luxe et que les droits à la sécurité, au logement, à la nourriture, à l’emploi et à l’électricité devraient être les seules priorités des citoyens et de l’État. Or, les interventions artistiques des dernières années, et notamment depuis octobre 2019, déconstruisent cette croyance et soulignent l’aspect vital de l’art pour toute société, et en particulier la société libanaise.

En effet, la façon dont l’art est intervenu et intervient encore dans l’élaboration d’un projet collectif ou dans l’espace public s’est récemment diversifiée et a acquis de l’importance en tant que stratégie et action citoyennes : concerts véhiculant un message d’unité dans la pluralité et d’engagement citoyen en vue d’une déconfessionnalisation du système socio-politique (Beirut Jam Sessions, Minal Shaab) ; installations publiques dans les rues de villes côtières pour la justice sociale et les droits humains (Haven for Artists) ; graffitis révolutionnaires (Ivan Debs, Spaz, Ring Bridge, Art for Change, Ashekman, Yazan Halwani, REK) ; expositions en ligne alliant artistes émergents et établis suite à l’explosion du port de Beyrouth (arleb.org) ; ateliers de thérapie par l’art (Meadows, A+ Initiatives) ; publications d’ouvrages collectifs sur la préservation de la mémoire et la résistance culturelle (Beyrouth mon amour, 4 août 2020 18h07 ; The Beirut Call : Harnessing Creativity for Change ; Beirut Urban Ruins : Save it on Paper), etc.

Photo prise par Pamela Chrabieh lors d’une intervention artistique par « Haven for Artists » en avril 2021 a Gemmayzeh et Mar Mikhaël

Ces exemples et bien d’autres encore nous rappellent l’importance de l’art puisque celui-ci nous permet de mieux collaborer les uns avec les autres, d’identifier des problèmes et de les résoudre, de gérer les émotions, de guérir les blessures, de favoriser l’écoute, la réflexion, l’imagination, l’observation, le décentrement, le questionnement… et certainement, de construire une société saine. Il est à noter qu’en novembre 2019, l’Organisation mondiale de la santé publiait un rapport reposant sur 900 articles scientifiques qui affirment l’impact bénéfique de l’art sur la santé physique et mentale. D’où l’importance de généraliser les activités et les interventions artistiques au côté des protocoles thérapeutiques en milieu hospitalier, dans l’éducation mais aussi dans la vie de tous les jours pour améliorer le bien-être individuel et collectif.

Par ailleurs, lorsqu’il n’est pas instrumentalisé par des partis politiques ni n’est utilisé pour la propagande étatique, l’art offre des opportunités d’éducation à la citoyenneté et peut, par conséquent, entraîner une prise de conscience en vue de la convivialité. En ce sens, de plus en plus d’académiciens et d’artistes entreprennent des recherches sur l’art et la citoyenneté et forment des réseaux de collaboration locale et régionale tel celui de l’Université Dar al-Kalima. Celui-ci promeut notamment une citoyenneté active et inclusive définie par la participation et non par l’idéologie, et appelle à la pensée et la pratique de l’art comme véhicule de participation pour approfondir les discussions publiques sur les questions civiques et les valeurs fondamentales.

Malheureusement, les défis socio-économiques auxquels se heurtent une large partie d’artistes, d’entreprises créatives et d’organismes s’accumulent au fil des jours au Liban, sans compter l’exacerbation des identités meurtrières, le recul des libertés et la sacralisation de la politique mafieuse. Dans cette perspective, si les lieux de la pensée et de la pratique libres et libératrices – qu’ils soient formels ou non – ne s’élargissent pas, et notamment à travers l’art, il est à craindre que beaucoup de Libanais ne pourront désapprendre ce qu’ils ont appris suite à des décennies de guerre, de népotisme, de corruption, de mauvaise gouvernance, d’autoamnistie, et d’impunité. Désapprendre est un processus et une éducation visant la sortie du système d’exclusion mutuelle, en appliquant l’exercice de la subversion qui n’est nullement une destruction ou un rejet, mais qui essaye de comprendre le pourquoi et le comment des choses, de problématiser le canevas épistémologique articulant chaque discours et expression et d’ouvrir la voie à un engagement citoyen protéiforme inclusif.

Il est ainsi plus que temps de dépasser les frontières dites immuables entre individus et communautés, de sortir des ghettos, d’être à l’écoute des attentes et des aspirations de toutes les composantes de la société, de transformer le regard sur l’autre afin qu’il soit dénué de tout projet d’autojustification et le regard sur soi-même pour qu’il ne se complaise pas dans des poncifs convenus. Et au-delà du survivre ou mourir, il est plus que temps de vivre. Or, en nous privant de l’art, ou en limitant l’accès à l’art, on tue notre envie de vivre, et de là, ce qui fait notre humanité.

SOURCE

Art and Citizenship Workshop in Lebanon

This article was published in BEIRUT.COM, Dec. 8, 2021.

Dar al-Kalima University (Bethlehem – Palestine) and Dar al-Kalima NGO/Nabad program (nabad.art) in Lebanon are organizing a one-day workshop on art and citizenship on December 16, 2021, at the Bossa Nova Hotel in Sin-el-Fil.

This workshop is one of three workshops (Beirut, Amman, Gaza) accompanying the 23rd Dar al-Kalima International Conference on Art and Citizenship in Bethlehem which will take place on December 15-16, 2021.
Several issues will be addressed by artists, creative enterprises, and art organizations: how can local and diaspora artistic initiatives and interventions have a greater impact given the current challenges – economic crisis, political unrest, and social injustice? What are the needs of individuals, groups, and associations who are reinventing traditional notions of artistic creation and who contribute to the development of their society through the transformative power of their artistic capacities or through proactive social engagement? And what are the ways to move forward and contribute to building inclusive citizenship in Lebanon and Southwestern Asia?


Contact Nabad/ Dar al-Kalima in Lebanon for more information: art.nabad@pamelachrabieh

Dar al-Kalima organise un atelier sur l’art et la citoyenneté au Liban (L’Orient-le-Jour)

Un plaisir d’organiser cet atelier avec ma collègue Roula Salibi pour Dar al-Kalima. Parution de l’annonce dans l’Orient-le-Jour, 4 décembre 2021.

AGENDA – ÉVÉNEMENT

L’université Dar al-Kalima (Bethléem, Palestine) et l’ONG Dar al-Kalima/programme Nabad (nabad.art) au Liban organisent un atelier d’une journée sur l’art et la citoyenneté, le 16 décembre 2021, à l’hôtel Bossa Nova de Sin el-Fil.

Face à la situation actuelle du pays, il est urgent de définir des projets qui aideront à former des citoyens et citoyennes aptes à vivre ensemble, à se construire une identité unie dans la diversité, de même qu’une société inclusive. En ce sens, l’art et la culture constituent des routes privilégiées. Malheureusement, elles ne sont pas souvent empruntées ou sont qualifiées de secondaires. D’où l’importance de la déconstruction de savoirs sclérosés concernant tant l’art que la citoyenneté, car si l’art a servi et sert encore la propagande politique, il est aussi, comme l’affirme Picasso, « un instrument de guerre » contre la tyrannie. Il est surtout un éveilleur de conscience et une plateforme de choix pour l’éducation à la citoyenneté. L’art fait d’ailleurs éclater les idées reçues : il aide à réconcilier les individus et les communautés, à guérir les blessures aussi. C’est dans cette perspective que se situe l’atelier du 16 décembre courant. Un atelier parmi trois initiatives (Beyrouth, Amman, Gaza) qui accompagnent la 23e conférence internationale de Dar al-Kalima sur l’art et la citoyenneté prévue à Bethléem les 15 et 16 décembre 2021. Avec pour objectif, notamment, de promouvoir l’avènement de sociétés inclusives en Asie du Sud-Ouest.

Plusieurs questions seront abordées par des artistes et des représentants d’entreprises créatives et d’organisations d’art. Comment les initiatives artistiques locales et de la diaspora peuvent-elles avoir un impact plus important compte tenu des défis actuels – crise économique, troubles politiques et injustice sociale ?Quels sont les besoins des individus, des groupes et des associations qui réinventent les notions traditionnelles de création artistique et contribuent au développement de leur société à travers le pouvoir transformateur de leurs capacités artistiques ou par un engagement social proactif ? Et quelles sont les pistes permettant d’aller de l’avant ? Pour plus d’informations, contactez Nabad/Dar al-Kalima au Liban par courriel :

art.nabad@gmail.com

Lire l’article dans l’Orient-le-Jour

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1283654/dar-al-kalima-organise-un-atelier-sur-lart-et-la-citoyennete-au-liban.html

Dr. Pamela Chrabieh’s Art Published by Indelible Literary and Arts Journal – Dubai

What we become within contexts of wars and crises is indeed not pretty, as traumas accumulate and are stored in the body and spirit, and memories of catastrophes become convoluted passages from souvenirs to ressouvenirs, interpenetrated labyrinths of the cultures of silence, hypomnesia and hypermnesia.
However, a strange strength emerges. Often masked, that strength is found in the willingness to get out of bed when your body aches. You learn to rise; you learn to cope; you learn to move forward. Eventually, you learn to place the pieces back together, although a few will still be missing, and you become what seems to be at first an incomplete patchwork of identities trying to escape your old being, but as the days go by and the struggle to survive and live continues, you realize that the tabula rasa was just an illusion, and you begin to embrace what was, what is and what is yet to come.

Text and Sketches on Recycled Paper and Digital Art 2020 Series by Dr. Pamela Chrabieh following the 4th of August Beirut port explosions – –

Published by Indelible ‘Escapism’ issue, Dubai, Jan 2021: https://bit.ly/2MZZEMd

Art from Dr. Pamela Chrabieh’s “Duwama” Collection in Indelible

Thanking Dr. Roula Maria Dib for featuring samples of my collection in Indelible!

I was born and raised in the 1970s-1980s war in Lebanon. 
War disconnects lives, memories, and experiences by creating endless cycles of violence, murderous identities, and wounded memories. 
I have come to believe that these memories are inevitably transmitted from generation to generation in private and public spaces, and that socio-political conviviality and peace need both individual and national healing processes. Or else, the load of traumas that we carry will prevail, fueled by the continuous local and regional crises and State-sponsored amnesia. 
Growing up in war left me with a thirst to discover the truth behind the endless years spent in shelters and displacement, the survival techniques I learned, such as how to avoid snipers and land mines, the suffering following the destruction of our houses and the horrific deaths of loved ones, the fascination with war games I used to play, and the hours spent with my parents trying to look for bread. 
War has definitely marked my identity, world vision, and visual expression, and it has fueled my pursuit for connections between cultures and religions; the contemporary and the traditional; the physical and the mental; the visible and the invisible; the past, present, and future; the logos (word) and the eikon (image); humanity, the natural and the spiritual… My pursuit for peace…  Contrary to war, peace is the art of connecting. It is a continuous process encompassing historical subjectivities and energies in interpenetrative modes; a process of interacting dynamics, fragmented and common truths, voices, paths, and pathos. 
A Duwama (spiral or vortex) is a visualization of this peacebuilding process. It symbolizes life versus death, positive movement towards the manifestation of connections, and therefore, towards forgiveness, healing, and conviviality. 
Every Duwama is a story of transformation, from a shattered and disconnected situation, event, emotion or experience, to a connected realm. 

P.S.: The Duwama Collection includes 10 artworks. It was exhibited in Venice-Italy in October-November 2019 (Venice Biennale – ITSLIQUID International Art FestivalPalazzo Ca’ Zanardi). It was donated to Itsliquid Group following the exhibition.


بيكنك وصنوبر Picnic wa Snawbar (Picnic and Stone Pine Trees)
2019, Mixed Media on Recycled Paper
31 x 43 cm.

My father used to take my sister and I to a Stone Pine Trees forest when there was a ceasefire. The connection we had with him and nature helped us heal our wounds. Common in the mountains, Stone Pine Trees, also called Umbrellas, have a deep-green color, give a distinctive fragrance, and harbor loud cicadas (zeez). They have become the trademarks of Lebanese summers in the mountains, although many were lost due to shelling during the mountain war of the 1980’s. “Picnic wa Snawbar” is a story of implicit memories of survival and resilience, two qualities that allow some people to be knocked down by life and come back at least as strong as before. Rather than letting difficulties or failure overcome them and drain their resolve, they find ways to rise from the ashes.


شظايا صفرة Shazaya Saffra (Yellow Bombshells)
2019, Mixed Media on Recycled Paper
31 x 43 cm.

This Duwama tells the story of bombshells and bloodshed turned into Fumana Arabica, a species of yellow flowers growing abundantly in the Spring in the Mountains of Lebanon, and symbolizing “bonds”, “nature’s renewal” and “resurrection”. 
In the ancient Southwestern Asia – Middle East – , the coming of spring was often linked to mythical tales of rebirth and resurrection. At the centre of these stories were a cast of fertility gods, such as the Phoenician god Adon (Adonis), who share similar origin stories and parallels with the Christian festival of Easter. When Adonis was killed by other male gods, drops of his blood spilled out and stained flowers. However, Ashtarut’s (Aphrodite) outpouring of love was so strong that Adonis would live again. He would stay in the hills of Byblos (Jbeil – Lebanon) for six months each year during spring and summer, and then return in the underworld for fall and winter. In his honor, “Adonis gardens” were grown by sprouting seeds in a dish which sprang up bright and green, but then perished. This was done every year in memory of his life and death.

Dr. Pamela Chrabieh is a scholar, writer, visual artist, and activist. Author of several books and papers with a 20+ year experience in higher education, communication, content creation, and the arts, she has exhibited her artworks in Canada, Lebanon, and the United Arab Emirates. Previously Associate Professor of Middle Eastern Studies at the American University in Dubai, she currently owns and manages a Beirut-based company offering expertise in Learning and Communication. 
http://pamelachrabiehblog.com and http://spnc.co

Artist Pamela Chrabieh’s “Peace Collection” in Indelible Dubai

I was born and raised in the 1970s-1980s war in Lebanon. My experience as a war survivor has marked my writing and art, as has fueld my quest for peace. As I see it, peace is not only about ceasefires, the end of bloodshed, the absence of hostilities, and a state of mutual concord between governments, as war is both “physical” and “psychological”. Peace is about accountability for violence, openness, generosity, clemency, and catharsis. Peace is and should be a transformation process within mindsets, a celebration of interconnected life and unity in the diversity of complex identities. As long as the legacy of violence is not addressed within ourselves and our societies, we will remain lost, cut off from connection, living in a never-ending apocalypse of carnages and tortured souls and bodies.

Dr. Pamela Chrabieh is a scholar, writer, visual artist, and activist. Author of several books and papers with a 20+ year experience in higher education, communication, content creation, and the arts, she has exhibited her artworks in Canada, Lebanon, the United Arab Emirates and Italy. Previously Associate Professor of Middle Eastern Studies at the American University in Dubai, she currently owns and manages a Beirut-based company offering expertise in Learning and Communication. 
http://pamelachrabiehblog.com and http://spnc.co

Source: Indelible

A Colored Day at Qalamoun North of Lebanon

Amazing day with the inhabitants of Qalamoun, shooting videos, interviewing “Qalamoun in colors” project’s beneficiaries, tasting authentic bread and lemonade, and enjoying the hospitality of the mayor and the locals.
“Qalamoun in colors” is a Cash for work employment project that focuses on the rehabilitation and beautification of the Qalamoun market and public spaces. It creates ownership as youth and the community are actively involved in the design and execution of the project, generates short-term income opportunities, and aims to strengthen community cooperation. Implemented by GIZ Local Development Programme for Urban Areas in North Lebanon  in partnership with Utopia Lebanon and the Municipality of Qalamoun through financial support of the European Union and Germany.
#eastlinedigital

‘Les portes’ Artwork and Poem published by Indelible at the American University in Dubai

Indelible is a new literary journal edited by my friends at the American University in Dubai. A special thank you to Dr. Roula Maria Dib for publishing a photo of one of my paintings and a short prose poem.


“Les portes”, by Dr. Pamela Chrabieh
Oil and acrylic on canvas, Beirut – Lebanon, 2012


“Doors are the keepers of secrets, memories of the past and dreams about bright futures. Doors’ closures give the feeling of fences that speak. Behind doors, there are people who live, love each other, argue, are sad or happy; there are furniture and objects, sounds of voices, smells of soup … Doors are boundaries, presence, absence, call, communication, access, defense, rupture, transition, intimate, and universal. Doors are protective shelters, guardians of passages between the profane and the sacred. Doors are chances to do something different, they are places of departure and entrances into new worlds.

Doors are ecumenical images of life’s immanence.”

Dr. Pamela Chrabieh is a scholar, writer, visual artist, and activist. Author of several books and papers with a 20+ year experience in higher education, communication, content creation, and the arts, she has exhibited her artworks in Canada, Lebanon, and the United Arab Emirates. Previously Associate Professor of Middle Eastern Studies at the American University in Dubai, she currently owns and manages a Beirut-based company offering expertise in Learning and Communication. http://pamelachrabiehblog.com and http://spnc.co

Source: INDELIBLEAUD.COM (March 2019)